‹ Œuvres poétiquesChapitre 160 sur 168 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

Du trÀne paternel nous chasse l'un et l'antre , Et promette à son fils ma dépouille et la vôtre. l.'occasion est belle , il la faut embrasser. . . .,

Quelle peur tous retient? Vous semblez balancer ! Votre seul intérêt m'inspire cette audace :

Quand je suis tout de feu , d'où vous vient ce&e glace ? Sur les pas d'un banni craignez-vous de marcher?

ARICIE

Hélas ! qu'un tel exil , seigneur, me seroit cher !

Dans quels ravissements, à votre sort liée.

Du reste des mortels je vivrois oubliée !

Mais , n'étant point unis par un lien si doux ,

Me puis-je avec honneur dérober avec vous ?

ie sais que , sans blesser l'honneur le plu» sévère ,

Je me puis affranchir des mains de votre père :

Ce n'est point m'arracher du sein de mes parents ;

Ei la fuite est permise à qui fuit ses tyrans.

Mais vous m'aimez , seigneur ; et ma gloire alarmée. . .'

HIPPOLYTE

Non , non , j*ai trop de soin de votre renomm^ Un plus noble dessein m'amène devant vous :

Fuyez vos ennemis, et suivez votre époux.

Libres dans nos malheurs , puisque le ciel l'ordonne , Le don de notre foi ne dépend de personne.

L'hymen n'est point toujours entouré de flambeaux. Aux portes de Trézéne , ebparmi ces tombeaux , Des princes de ma race antiques sépultures ,

sdbyGbogle

)78 PHEDRE

Est^an temple sacré formidable aux parjures.

Cpst là que les mortels n'osent jurer eo vain :

t,e perfide y reçoit un châtiment soudain; t, craignant d y trouver la mort inévitable.

Le mensonge n'a point de frein plus redoutable. Xà , sifvoas m'en croyez , d'un amour étemel Nous irons confirmer le serment solennel ; IN'ous prendrons à témoin le dieu qu'on y révère ; "Nous le prierons tous deux de nous servir de père. Dès dieux les plus sacrés j'attesterai le nom, Et la chaste Diane , et l'auguste Junon ; Et tous les dieux enfin , témoins de mes tendresses , Garantiront la foi de mes saintes promesses.

ARICIE

Le roi vient : fuyez , prince , et partez promptemenl. Pour caciier mon départ je demeure un moment. Allez ; et laissez-moi quelque fidèle guide , Qui conduise vers vous ma démarche timide.

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