‹ Œuvres poétiquesChapitre 163 sur 168 · THÉSÉE, PANOPE · texte numérisé non relu

THÉSÉE, PANOPE

PANOPE

J'ignore le projet qift la reine médite, « Seigneur; mais je craSns tout du transport qui l'agite. Un mortel désespoir sur son visage est-peint; La pâleur de la mort est déjà sur son teint.

Déjà , ^e sa présence avec honte chassée ,

28a PHÈDRE.

Dans la profonde mer Œnoae s'est lancée.

On ne sait point d'où part ce dessein furienx; Et les flots pour jamais Font ravie à nos yeux.

THÉSÉE

Qu'en tends-je?

PANOPE

Son trépas n'a point calmé la reine ; Le trouble semble croître en son ame incertaine. Quelquefdls, pour flatter ses secrètes douleurs, Elle prend ses enfants et les baigne de ^urs ; Et soudain, renonçant à l'amour maternelle, Sa main avec horreur les repousse loin d'elle; Elle porte au hasard ses pas irrésolus; Son œil tout égaré ne nous reconnoit plus ; Elle a trois fois écrit; et, changeant de pensée, Trois fois elle a rompu sa lettre commencée.

Daignez la voir, seigneur ; daignez la secourir.

THÉSÉE

O ciel ! OEnone est morte , et Phèdre veut mourir ! Qu'on rappelle mon fils, qu'il vienn^$e défendre; Qu'il vienne me parler, je suis prêt de l'entendre.

- ( seul. ) Ne précipite point tes funestes^ienfaits , Neptune ; j'aime mieux n'él^*exaucé jamais.

J'ai peut-être trop cm des témoins peu fidèles, Et j'ai trop tôt vers toi levé mes mains crudles. Ah ! de quel désespoir mes vœux seroient si%is !

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