ACTE PREMIER. i
N'ose d'un peu de sang acheter tant de gloire ; Et , dès le premier pas se laissant effrayer, Ne commande les Grecs que pour les renvoyer !
AGAMEMNQN.
Ah , seigneur ! qu'éloigné du malheur qui m'opprime , Votre cceur aisément se montre magnanime !
Mais que si vous voyiez ceint du bandeau mortel Votre fils Télémaque approcher de l'autel , Nous vous verrions , troublé de cette affreuse image , Changer bientôt en pleurs ce superbe langage , Éprouver la douleur que j'éprouve aujourd'hui , Et courir vous jeter entre Calchas et lui !
Seigneur, vous le savez , j'ai donné ma parole; Et, sbma fille vient, je consens qu'on l'immole. Mais , malgré tous mes soins , si son heureux destin La retient dans Argos , ou l'arrête en chemin , Souffrez que , sans presser ce barbare spectacle , En faveur tle mon sang j'explique cet obstacle. Que j'ose pour ma fille accepter le secours De quelque dieu plus doux qui veille sur ses jours. Vos conseils sur mon cœur n'ont eu que trop d'empire ^ Et je rougis... *
124 IPHIGÉNIE