ACTE II. i
ÉRIPHILE
Quentends-je?
CLTTEMNESTRE.
Je voas vois rougir de cet outrage.
11 faut d'un noble orgueil armer votre courage. Moi-même , de l'ingrat approuvant le dessein , Je vous l'ai dans Argos présenté de ma main ; Et mon choix , que flattoit le bruit de sa noblesse , Vous donnoit avec joie au fils d'une déesse.
Mais , puisque désormais son lâche repentir Dément le sang des dieux dont on le fait sortir. Ma fille , c'est à nous de montrer qui nous somn^es ,
Et de ne voir en lui que le dernier des hommes.
Jjui ferons-nous penser, par un plus long séjour,
Que vos vœux de son cœur attendent le retour?
Rompons avec plaisir un hymen qu'il diffère.
J'ai fait de mon dessein avertir votre père ;
Je ne l'attends ici que pour m'en séparer;
Et pour ce prompt départ je vais tout préparer. ( à Ériphile. )
Je ne vous presse point, madame, de nous suivre; ^En de plus chères mains ma retraite vous livre.
De vos desseins secrets on est trop éclairci ;
Et ce n'est pas Calchas qite vous cherchez ici.
i4o IPHIGÉNIE.