‹ Œuvres poétiquesChapitre 58 sur 62 · M. DE ROMIEU · texte numérisé non relu

M. DE ROMIEU

AN si {fcminea virago turba) Virilem hic superes virago turbam Lesboa resona chclipuelU, A qua Castaliis data es pucUiSj Paellas radians vel inter omneSj Omnes sol radians ut inter ignés, Ob id femineus pari triumphus Palma mascukum prait triumphum?

Belluni id^ bella nego Maria, belle, Belli bella nego tropaa belli :

Bella hauà bella voco, quibus duello Haud certes parili, duo duobus, Ensi ensis, manus manui, pedi pes, Pilo pilum, equus hinc equo, vira vir.

At tufeminea eripis caterva Vincas jemimam quibus catervam, Unum haud marte virum lacessis una, Omnes fcmina at es^ triplex ut ohm Noster Geryon [ô virago virgo /)

Numne es femina, feminarum alumna Musarum ? Optuma femina id fateris Alumnamque suam fatcnturilla.

Te suique decus chori falentur.

At vir Pierias prait puellas

PhebuSf ut reliquas prais paellas.

Sic si fcminea es virago lurba {Virum ni superes virago Phebum), ViriUm an saperas virago tarbam ?

Janus Edoardus du Monin. p. p.

Page 3, titre. Marguerite de Lorraine, fille de Nicolas de Lorraine, marquis de Nomény, comte de Vaudémont et de Chaligny, et de sa seconde femme Jeanne de Savoie, naquit le 14 mai 1 564 et mourut sans postérité le 20 septembre 1625. — Elle avait épousé, en septembre 1 5 8 1 , Anne, duc de Joyeuse, depuis pair et amiral de France ^né en 1561 , tué le io octobre I $87).

Comme Marguerite était sœur consanguine de Louise de Vaudémont, reine de France, le roi célébra l'union qu'il faisait contracter à son favori par des magnificences inouïes.

P. 4, 1. j. Je me suis dispencé : je me suis permis de... Cette expression offrait alors un sens absolument contraire à celui qu'elle présente aujourd'hui.

P. 9, 1. 10. Les Meslanges de Jaques de Romieu (Lyon, B. Rigaud, 1584, in 8 ) ne renferment point la satire contre les femmes, adressée à Des Aubers. On n'y voit qu'une pièce intitulée : Hymne du Seigneur Perrinet Des Aubers, chanoine, secrétaire et vicaire en l'église cathédrale de Viviers, oncle et bon mécène de l'anteur. Elle contient l'éloge de cet ecclésiastique comme musicien, poète, arithméticien, orateur, et doué de toutes les vertus; mais sans donner aucun détail précis sur sa personne et sur sa vie.

P. II, I. dernière. Togne de Vaulx, poète inconnu à Lacroix du Maine, à du Verdier, à Colletet, etc.

P. 12, 1. dernière. Jean Edouard du Monin, poète-philosophe bourguignon, ainsi qu'il s'intitule lui-même, naquit à Gy, en Franche-Comté, et mourut assassiné à Paris, dans le

collège de Bourgogne, où il habitait, le j novembre ij86. Il n'avait que vingt-six ans. Sa science était grande, et, bien que ses vers fussent aussi ampoulés qu'obscurs, il était fort prisé de ses contemporains, ce qui ne l'empêcha pas de vivre et de mourir dans une grande indigence. Les lettres qui suivent son nom signifient : Poète- Philosophe Bourguignon.

P. 13, 1. 1 6. Le poëte lyonnais L. Murignieu est tout aussi ignoré que Togne de Vaulx.

P. 1 ç, 1. 7. Il en est de même de A. Perraud, également Lyonnais.

P. 19, vers 3. Qui drillent : qui scintillent.

P. 19, v. 17. Ces qui répétés, non sans grâce, remplacent l'expression : l'un, l'autre; celui-ci, celui-là.

P. 20, 1. 8. Parier : comparer. Camille est l'héroïne des vue et Xie livres de Vùiéide, la fille de Métabus, roi des Volsques, tuée en trahison par Aruns. — Penthésitée, reine des Amazones, venue au secours de Priam, et tuée par Achille, qui la pleura. — Sémiramis, la fameuse reine d'Assyrie, et Zénobie, reine de Palmyre, sont assez connues. Quant à Velasque, je n'ai pu découvrir quelle femme célèbre se cache sous ce nom, certainement défiguré.

P. 20, 1. 15. Les yens : il faudrait peut-être lire : les vers.

P. 21, vers 7. Ya-il œuvres plus belles. Marie de Romieu fait de y <2 une diphihongue, ici comme plus loin, p 21, v. ij.

P. 21, V. 8. Il y a dans le texte parvenu.^ qui n'offre pas de sens. Nous avons lu : par menu., par le détail.

P. 2 1, v. \\. La Famé : fama, la renommée. Quelle est cette noble dame qui hébergea toute l'armée romaine? Je n'ai pu découvrir de qui il s'agit.

P. 21, v. 14. Phryné, la célèbre courtisane grecque, offrit de reconstruire Thèbes, détruite par Alexandre, à condition qu'on placerait sur les murs cette inscription : Alexandre a détruit Thèbes, Phryné l'a réédifiée.

P. 21, V. 19. Tabitha ou Dorcas, femme pieuse de Joppé, ressuscitée par saint Piene à cause de ses bonnes œuvres. {Actes des Apôtres, ch. IX, v. 36, 40, etc.)

P. 25, ligne 24. M en ades : menées.

P. 27, 1. 3. Carmente, prophétesse arcadienne, fut aimée de Mercure, dont elle eut Évandre, avec qui elle passa en Italie. Les Romains lui élevèrent des autels.

P. 27, 1. 4. Leontia ou plutôt Leontium, courtisane athénienne, disciple d'Épicure, écrivit contre Théophraste.

P. 27, 1. 6. Eustochion, fille de sainte Paule, née à Rome, comme sa mère, et comme elle disciple de saint Jérôme, mourut en odeur de sainteté, supérieure du monastère de Bethléem.

P. 27, 1. 17. Vatês : poètes, mot latin francisé.

P. 28,1. 3. VeronicaGambara, poétesse italienne du XVe siècle.

P. 28, 1. j. Vittoria Colonna (i49o-M47\ fiancée à quatre ans au fils du marquis de Pescaire, du même âge qu'elle. A dix-sept ans ils se marièrent et s'aimèrent jusqu'à la mort. Les poésies de Vittoria Colonna parurent pour la première fois à Parme (1538, in-8], et furent souvent réimprimées.

P. 28, 1. 9. Armille Angosiole : Angussola, dame peintre contemporaine de Marie de Romieu, et très-habile portraitiste, née en 153J, à Crémone, morte à Gênes vers 1620.

P. 28, 1. ij. Ce passage semble avoir inspiré la 5e strophe de l'ode de Malherbe au duc de Bellegarde :

Comme en cueillant une guirlande... etc. D'autre part, il est imité d'un passage de i'ode au prince de Melphe par J. Du Bellay :

Mais comme errant par une prie De diy ers es fleurs diaprée... etc.

P. 29, 1. 7. Donner le vert jusqu'après le trépas. — Cette expression, qui semble proverbiale, me paraît difficile à expliquer. Signifie-t-elle : vouloir faire revivre ce qui est bien mort? ou correspond-elle à ceci : employer le vert et le stc, qui signifie employer tous les moyens dont on peut user?

P. 29, 1. 9. La comtesse de Retz, femme d'Albert de Gondy, duc de Retz et maréchal de France, était Claude-Catherine de Clermont, déjà veuve du baron de Retz. Elle joignait au savoir et à la poésie un grand goût pour les plaisirs et l'intrigue. Elle mourut repentante eu 1603. Elle était aïeule du cardinal de Retz.

P. 29, 1, 20 et 21. Camille de Morel, dame de Grigny et du

Plessis-le-Comte, fille de Jean de More), femme savante, spirituelle et poète. — Helisenne de Crenne, damoiselle picarde, a (!crit un livre des «Angoisses doloreuses qui procèdent d'Amours », en prose française (Paris, Langelier, M44, in-8). Malgré ce témoignage de Lacroix du Maine, confirmé par du Verdier et autres contemporains, La Monnoye affirme qu'elle n'a jamais existé, et que ce nom cache un auteur capricieux, qu'il ne nomme point. — Madeleine Nepveu, dame des Roches, et Catherine sa fille, bien faites l'une et l'autre de corps et d'esprit, ont laissé plusieurs volumes de poésies. C'est à propos de Catherine qu'a été écrit le recueil intitulé : La Puce de Mlie des Roches, réimprimé dans cette collection.

P. 29, 1. 22. Marguerite de Valois, fille de Henri II, mariée en août 1572 à Henri de Navarre, depuis Henri IV.

P. 29, 1. 23. C'était vraisemblablement une des filles de Jules-César Scaliger, ce guerrier devenu savant et passablement pédant, qui prétendait descendre des Délia Scala, seigneurs de Vérone, vicence, etc.

P. 30, vers 4. Marguerite de France, reine de Navarre, l'auteur de VHeptaméron et des Marguerites de la Marguerite.

P. 30, v. 14. Je ne trouve que l'impératrice romaine Valéria, fille de Diodétien et femme de Maximilien Galère, qui fut victime de longues persécutions et fut enfin décapitée avec sa fille à Thessalonique en 375.

P. 30, V. M. Cornélie, mère des Gracques, fille de Scipion l'Africain.

P. 31, V. 3. Omnia qu£ dixerit tibi Sara, audi vocem ejus. (Genèse, ch. XXI, v. 12.)

P. 31, V. j. Saint Matthieu, ch. XXVIII, v. 9. — Saint Marc, ch. XVI, v. 9. — Saint Jean, ch. XX, v. 14 à 17.

P. 31, v. dernier. Annibal de Lortigue a écrit vers le même temps La Louange des femmes, dédiée à la reine Marie de Médicis.

p. 3J, ligne 2. On cite une famille de Rose, originaire d^Allemagne, dont une branche s'était établie en France. Je n'ai point trouvé de famille de La Rose.

P. j6, V. 7. On remarque dans cette pièce beaucoup d'imitations d'Anacréon, empruntées probablement à l'ode de Ronsard:

Verson ces roses en ce vin, En ce bon vin verson ces roses, etc.

P. 36, V. ro. Alfred de Musset se souvenait-il des vers de Marie, quand il écrivit ces stances d'un sentiment si doux et si mélancolique qui commencent et terminent son élégie Lucie :

Mes chers amis, quand je mourrai, Plantez un saule au cimetière, etc.

Probablement il ignorait jusqu'au nom de la poétesse vivaraise. Seulement, à trois siècles de distance, deux âmes poétiques se sont rencontrées dans une même pensée.

P. 37, 1 3. L'hymne de Charles de Lorraine semble avoir été fait pour la naissance de ce prince, c'est-à-dire en 1571. Il était fils aîné de Henri de Lorraine, duc de Guise, assassine en 1588 aux états de Blois.

Il pourrait également avoir été composé pour un autre Charles, quatrième enfant de Henri, mort en 1576, peu après sa naissance.

P. 40, V. 7. Les Guises prétendaient descendre de Gcdefroy de Bouillon.

P. 44, 1. 2. Jean de Chastelier, chevalier, seigneur de Millieu, dont on trouve l'epitaphe à la page 66, était conseiller du roi et intendant des finances. Il mourut a Grenoble en 1580, pendant le siège de La Mure. Il avait épousé Hippolyte de Scaraveili, dont il eut trois filles: Maiie, Renée et Françoise. — Cette famille habitait un château nommé le Plessis, et elle était en relations assez intimes avec la famille de Romieu.

P. 48, V. 12. Isnelle : rapide. — Ce mot expressif est tout à fait hors d'usage, et c'est regrettable.

P. jB, 1. 10. Gratian Meissonnier m'est connu seulement comme cousin de Marie de Romieu. Serait-il parent de Pierre Meissonnier, Lyonnais, traducteur de Denys d'Halicarnasse ?

P. jf', 1. dernière. Peindant : participe aujourd'hui inusité du verbe peindre. Fere, en latin fœra, bête sauvage. Le vers signifie : Je me figurais une foule de monstres imaginaires.

P. 59, V. 21, Falir, çoui faillir.

iS

P. 60, V. II. Carolle : danse, bal.

P. 62, V. 7. Pourveu que... etc. : attendu que notre extérieur est le témoignage de ce qui se passe en nous.

P. 68, V. 25. Le texte porte : les prez. Il est évident pour moi que l'auteur a écrit : prées^ mot également usité au XVie siècle, et qui est nécessaire pour la rime.

P. 69, V. 7. Voici un singulier éloge, et une prudence qui ressemble beaucoup à de la couardise.

P. 69, V. 8 La renommée, comme plus haut.

P. 69, V. 17. Entrer en quartier se dit des officiers du palais qui commencent leur service auprès du roi. Il faudrait voir là une locution proverbiale signifiant que le crédit et l'honneur commencent à travailler pour son bonheur.

P. 70, V. 4. De Brissac [Arthur de Cossé^ baron de Gonnor, puis maréchal de France, né en IJ12, mort en 1582.

P. 70. V. II. Ce cardinal est René de Birague, qui fut successivement conseiller au parlement de Paris, maître des requêtes, premier président à Turin, ambassadeur, gouverneur de Lyon, et enfin garde des sceaux et chancelier. Après avoir perdu sa femme, il fut évêque de Lavaur et cardinal. Sans doute il protégeait le sieur de Chastelier, à qui il survécut deux ans, et mourut, âgé de 76 ans, le 24 novembre 1 58?.

L'épitaphe de J. de Chastelier dut être écrite au plus tard en kBi.

P. 72, v. 6. La prise d'Issoire eut lieu en 1577.

P. 72, Y. 21. Finir en mourant le reste de sa v/ê est une ânerie qui ne rend certainement pas la pensée de Marie de Romieu. — Elle a sans doute voulu dire que : J- achève en bien mourant..., etc., ou que : Je finisse en priant...^ etc.

P. 75, V. 9. La prise de La Mure indique le jour de la mort du sieur de Chastelier.

P. 77, 1. 6. Les lettres \. D. L. D. J. P. signifient : Imité du latin de Jean Passerat. — Le nihil de Passerat, offert à Henri de Mesmes pour étrennes de l'année IJ82, ingénieux badinage qui fit l'admiration de tous les doctes personnages d'alors, était encore dans sa nouveauté lorsque Marie de Romieu le traduisit, en se donnant quelques licences et en délayant

un peu sa traduction, qui contient io8 vers au lieu de 72, C'est-à-dire un bon tiers de plus que l'original.

P. 82,1. 1. M'i«' deChastelier, de Péronne, et Langlat, n'ont pas laissé trace d'elles dans l'histoire.

P. 84. Il en est de même de M"» Garinot. On voit, p. 109, un sonnet à son père.

P. 84, 1. dernière. Le texte original porte Astrean. Comme le même mot se répète deux fois à la rime, je pense que l'on doit lire le docte Ascréan, c'est-à-dire Hésiode.

P. 89, 1. 2. Le fondeur d'eau: le Verseau. Ces vers, écrits au nom d'un amant pour sa maîtresse, ne manquent pas d'une certaine grâce mélancolique. — La stance veut dire qu'il y a eu deux ans au mois de janvier qu'il aime sans espoir.

P. 9î, 1. 2. Jacques Miliard et Agnès Langlat sa femme. Cette dame est une des demoiselles à qui l'auteur a adressé des vers, p. 82.

P. 9J, 1. I. W-i^ du Chastelier. Voyez une note sur la p. 44.

P. 97, 1. I. Ce sonnet prouve que Marie de Romieu était mariée, puisqu'elle adresse un sonnet à son fils.

P. loi, 1. j. Je trouve dans cette anagramme : Jacques Romieu et Marie Blunnac. Le sonnet a donc été composé pour son frère et pour celle qu'il a chantée sous son prénom de Marie. Elle portait le nom de Blunnac, ou tel autre qu'on pourrait trouver dans les lettres qui le forment.

P. 104, 1. 5. C'est le sonnet de Pétrarque qui commence ainsi :

Amor me sprona in un tempo et affrena, et que Ronsard a imité dans ses Amours, liv. I, sonnet xii.

P. 106, 1. I. A M°»e de Millieu. Voyez la note de la page 44.

P. 108, 1. 2. Mme d'Ourche est inconnue.

P. 109, 1. 1. Pour le sieur Garinot; il avait une fille liée avec Marie de Romieu. (Voyez p. 84.)

P. 109, 1. 2. La Maque à Paris — Maque se trouve dans Du Cange avec le sens de houlette, dans Nicot avec celui de nœud de marine en forme de losange. — Serait-ce l'enseigne d'une maison où l'on faisait nopces et festins?

P. iij, 1. II. Jean-Édouard du Monnin. Voyez la note sur la page 12.

P. 116, 1. 7. Oriant. Elle équivoque sur l'Orient et sur un personnage nommé Oriant.

P. 1 17, 1. 5. Sur Perrinet des Aubers, voyez la note sur la page 9.

P. 119, titre. La Complainte sur la mort de N. S. est imitée du latin de Sannazar {-icîius Syncerus) : Lamentatio de morte Christi, l'une des pièces de vers latins modernes les plus célèbres.

P. 121, i. 19. Quûnt-vn pasle visage : avec un visage pâle.

P. 122,1. 21. Membres froiez : membres brisés. On trouve froez dans du Gange.

P. 127. Ces vers et les suivants sont de Marie de Romieu, et se trouvent au feuillet 4 des Mesianges de Jacques de Romieu. Lyon, Rigaud, 1584, in-8.

P. 127, 1. 7. M. de La Val (Jean), jurisconsulte d'Arras et conseiller du roi à Valenciennes, a traduit les Psaumes de David en vers élégiaques latins.

P. 128, 1. 2. M. de Tournon (Just-Louis) fut bailli du Vivarais, sénéchal d'Auvergne, etc. Il épousa Madeleine de La Rochefoucauld, puis Charlotte de Roye.

P. 128, V. 7. Turnus. Allusion au nom de Tournon, qui, d'après les fables alors en honneur, aurait été fondé par ce roi des Rutules.

P. 129, 1. 18, Jean du Thouret ne figure dans aucune biographie.

Page 1