‹ Œuvres poétiquesChapitre 9 sur 62 · A MADAMOYSELLE MARIE DE ROMIEU SONNET FŒMININ SUR SON DISCOURS · texte numérisé non relu

A MADAMOYSELLE MARIE DE ROMIEU SONNET FŒMININ SUR SON DISCOURS

CE mâle vers enfant de ta verve femelle Me faist, prodigieux, couver en la poictrine Un vœu de m'enfemmer, pour, nouvel Androgyne, Arrêter à qui plus la neuveine pucelle

(D'entre l'homme et la femme) a fait la grâce telle De mieux boire au cristal de l'onde chevaline. Ainsi entre Juppin et Junon sa Juppine Tyrese mâle-femme appointa la querelle.

Mais ce procès ne veut si longue procédure;

Ton haut styl' est l'arrêt de la judicature :

Car ce beau trein nombreus, ce miel fiz de ta bouche,

Au saint trac des neuf sœurs t'arrangeant la dixiesme, Te couronnant du priz, à tous la bouche bouche; T'avoue donc ton sexe aux Grâces la quatriesme.

Jan Edouart du Monin pp. B.

SONNET

TOUT ainsi que Saphon et la docte Corinne Des poètes anciens l'orgueil ont rabaissé, S'acquerants un renom qui onc ne fut blessé De l'injure du temps, qui toute chose mine,

Ainsi Romieu, de qui l'éloquence divine Paroist en ce discours pour les dames dressé, Aux poètes a faict honte, et docte s'est tracé Un chemin droit aux cieux par sa rare doctrine.

Voyant les gentils traits semés parmy ses vers, Les voyant enrichir d'un sçavoir si divers, Tout confus la grandeur de son esprit j'admire,

Et dis que des nœuf sœurs le sacré sainct trouppeau L'enseigne tous les jours sur le sommet jumeau Et dedans l'estomach sa grâce luy inspire.

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