‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André Chénier (volume 2)Chapitre 102 sur 173 · Oa a vu dans le caneras en prose · texte numérisé non relu

Oa a vu dans le caneras en prose

Mille brigands couverts du nom sacré du princ*.

248 HY.MNES

L'équité clairvoyante aurait régne sur nous Le faible aurait osé respirer près de vous; L'oppresseur, évitant d'armer de justes plaintes, Sinon quelque pudeur, aurait eu quelques craintes; Le délateur impie, opprimé par la faim. Serait mort dans l'opprobre, et tant d'hommes enfin, A l'insu de nos lois, à l'insu du vulgaire. Foudroyés sous les coups d'un pouvoir arbitraire, De cris non entendus, de funèbres sanglots. Ne feraient point gémir les voûtes des cachots.

J'ai dit : 0 Vierge adorée! en quels lieux te chercher? (parler ensuite de ce.'; innocents accusés et condamnés, des hommes éloquents qui les défendent et qui encourent l'inimitié des juges ignares et pervers). Finir par : Non, je ne veux plus vivre... •.

Non, je ne veux plus vivre en ce séjour servile;

J'irai, j'irai bien loin me chercher un asile,

Un asile à ma vie en son paisible cours.

Une tombe à ma cendre à la fin de mes jours,

Où d'un grand au coeur dur l'opulence homicide

Du sang d'un peuple entier ne sera point avide,

Et ne me dira point, avec un rire alTreux,

Qu'ils se plaignent sans cesse et qu'ils sont trop heureux;

Où, loin des ravisseurs, la main cultivatrice

Recueillera les dons d'une terre propice;

Où mon cœur, respirant sous un ciel étranger,

Ne verra plus des maux qu'il ne peut soulager;

l. Suite et ûd du canevas en prose, se trouvant dans l'édition de G. de Cliénier.

Où mes yeux, éloignés des publiques misères, Ne verront plus partout les larmes de mes frères, Et la pâle indigence à la mourante voix, Et les crimes puissants qui font trembler les lois.

Toi donc, Équité sainte, ô toi, vierge adorée, De nos tristes climats pour longtemps ignorée, Daigne du haut des cieux goûter le noble encens D'une lyre au cœur chaste, aux transports innocents. Qui ne saura jamais, par des vœux mercenaires. Flatter, à prix d'argent, des faveurs arbitraires, Mais qui rendra toujours, par amour et par choix, Un noble et pur hommage aux appuis de tes lois. De vœux pour les humains tous ses chants retentissent: La vérité l'enflamme, et ses cordes frémissent Quand l'air qui l'environne auprès d'elle a porté Le doux nom des vertus et de la liberté.

IP

Au bord du ïlhône, le 7 juillet 1790 2.

. ~ Terre, terre chérie

Que la liberté sainte appelle sa patrie ; Père du grand sénat, ô sénat de Romans, Qui de la liberté jeta les fondements 3;

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