‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André Chénier (volume 2)Chapitre 115 sur 173 · Titre donné par le premier éditeur · texte numérisé non relu

Titre donné par le premier éditeur

Paris me semble un autre empire,

Dès que chez toi je vois sourire Mes pénates secrets ' couronnés de rameaux

D'où souvent les monts et les plaines Vont dirigeant mes pas aux campagnes prochaines, • Sous de triples cintres d'ormeaux.

Les chars, les royales merveilles,

Des gardes les nocturnes veilles, Tout a fui ; des grandeurs tu n'es plus le séjour :

Mais le sommeil, la solitude, Dieux jadis inconnus, et les arts et l'étude,

Composent aujourd'hui ta cour.

Ah! malheureux! à ma jeunesse

Une oisive et morne paresse Ne laisse plus goûter les studieux loisirs.

Mon àme, d'ennui consumée.

S'endort dans les langueurs. Louange et renommée

N'inquiètent plus mes désirs.

L'abandon, l'obscurité, l'ombre,

Une paix taciturne et sombre, Voilà tous mes souhaits. Cache mes tristes jours.

Et nourris, s'il faut que je vive, De mon pâle flambeau la clarté fugitive,

Aux douces chimères d'amours.

L'âme n'est point encor flétrie, La vie encor n'est point tarie,

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