‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André Chénier (volume 2)Chapitre 122 sur 173 · ANTISTROPHE PREMIERE · texte numérisé non relu

ANTISTROPHE PREMIERE

Tu crois, d'un éternel flambeau Éclairant les forfaits d'une horde ennemie.

Défendre à la nuit du tombeau

D'ensevelir leur infamie.

Déjà tu penses voir, des bouts de l'univers. Sur la foi de ma lyre, au nom de ces pervers. Frémir l'horreur publique; et d'honneur et de gloire

Fleurir ma tombe et ta mémoire ; Comme autrefois tes Grecs accouraient à des jeux.

Quand l'amoureux fleuve d'Élide Lut de traîtres punis vu triompher Alcide; Ou quand l'arc Pythien d'un reptile fangeux

Eut purgé les champs de Phocide.

EPODE PREMIERE

Valu espoir! inutile soin!

Ramper est des humains l'ambition commune;

C'est leur plaisir, c'est leur besoin.

Voir fatigue leurs yeux; juger les importune;

Ils laissent juger la fortune, Qui fait juste celui qu'elle fait tout-puissant. Ce n'est point la vertu, c'est la seule victoire

Qui donne et l'honneur et la gloire :

Teint du sang des vaincus;^ tout glaive est innocent.

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