‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André Chénier (volume 2)Chapitre 63 sur 173 · Tite-Live, liv. XXII, ch. xlv · texte numérisé non relu

Tite-Live, liv. XXII, ch. xlv

Quand, fugitifs, sans appui, sans asile, on vous appellera fils de l'inceste, alors maudissez votre père. Et quand

Un traître, un parricide, un fils incestueux,

Au gibet mérité marcheront sous vos yeux,

A leur visage impie, horrible, sanguinaire.

Rappelez-vous Fernand, maudissez votre père,

Dites : — Il ressemblait à ces hommes pervers

Que les bourreaux

Peindre noblement et superstitieusement la force des imprécations d'un père... Dans un épisode grandement tragique. Ceci doit être un des plus beaux endroits de l'ouvrage.

Il serait bon, et neuf, et original, dans la foule de caractères qui doivent remplir cet ouvrage, d'en jeter un d'un âge mùr, devenu froid et tranquille, d'ardent et impétueux qu'il était dans sa jeunesse. Silencieux, écoutant tout et ne répondant rien, faisant et disant tout ce qu'il a à faire ou à dire sans aucune altération de visage. Dans le conseil, n'ayant que des avis ironiques. Dans la mêlée se battant sans jamais rien perdre de son sang-froid. Quand, après la victoire, chacun étale ses exploits pour avoir part au butin, lui, se taisant et s'en allant. Humain et bon, sans aménité; ami inviolable sans être caressant; généreux sans magnificence; juste sans aimer la vengeance; grand sans enthousiasme; peu fêté, peu recherché; mais honore de tous. Adoré du soldat qui craint même son regard. Redouté dans le conseil, même lorsqu'il garde le silence. Et lui donner un ami d'un grand caractère tout opposé qui, en l'aimant, le respecte.

Il marche d'un côté, il y trouve Cortès. Il se retourne et va de l'autre où il compte sur peu de résistance, il y trouve Cortès étincelant, terrible, Cortès qui l'avait aperçu d"abord et qui l'avait suivi pour le combattre, etc..

Je voudrais peindre quelque part un homme (peut-être nn jésuite du Paraguay) qui, pour émouvoir les peuples grossiers, emploie quelqu'un de ces signes extérieurs à l'antique, comme le vase brisé par Jérémie, dont plusieurs se moquent et ont tort de se moquer*.

L'éloquent jésuite qui, en imitant Pythagore dans Ovide*, convertira les anthropophages du Brésil, emploiera des mouvements d'une éloquence primitive et sauvage, comme, par exemple, d'évoquer, dans une bouillante apostrophe, les âmes des malheureux qui ont péri dans ces horribles festins, de les peindre demandant vengeance devant Dieu...

Il faudra qu'un missionnaire, réunissant des sauvages en société, traduise l'hymne de Milton au mariage, trèsdéplacé dans sa bouche, mais plein de beautés. C'est après le divin morceau d'Eden et des amours de nos premiers parents. A ces mots : hait ivedded love... Book IV, v. 750. Il ne faudra pas cependant en imiter cet endroit où il dit que c'est là que règne l'amour et non dans les sourires des

p , jouissance casuelle, ni dans les amours de cour,

les mascarades, le bal de minuit, les danses mêlées, les sérénades que les amants chantent à leur orgueilleuse belle, etc..

Un vieillard dira :

... Affreux bienfait du ciel que de survivre à tous ceux que l'on aime!... Mes parents m'ont abandonné, mes amis m'ont abandonné, tous m'ont abandonné. Je suis resté

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