‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André Chénier (volume 2)Chapitre 95 sur 173 · Édition de G. de Chénier · texte numérisé non relu

Édition de G. de Chénier

L'immense trident frappe, et le sol mugissant Tremble, s'entr'ouvre et jette un coursier frémissant.

Le bonheur des méchants est un crime des dieux'.

1. Ce vers est extrait des Commentaires sur Malherbe, où Andrà cite et traduit ainsi le vers grec :

6£oy S'o'JîiSoi Tov; x.k/.ovj vj^Îuliio-jîîv,

Il est bon de tout feindre et même la pudeur. Mais qui peut sans dégoût, sans subite froideur, Voir une beauté mûre et presque sous les rides Affecter d'un enfant les alarmes timides? Tcut mensonge a besoin d'un air de vérité; Et j'aime mieux cent fois l'indiscrète gaîté, Trop folle, trop hardie, et qui n'est pas sans grAce, Que d'une antique Agnès la risible grimace.

Alors pour son argent il a danse, musique, Goût, talents, grâce, esprit, fauteuil académique; Grand cercle de beautés qui viennent chaque nuit Le bercer, l'endormir, veiller près de son lit; Maîtresse au nez fripon qui l'aime et le ruine ; Kimeurs, toujours amis de ceux chez qui l'on dîne; Tous pirates rusés qui s'entendent fort bien; Vrais barbiers de Midas, qui du bon Phrygien Par eux loué, flatté, mis au rang des merveilles, Sous un bandeau royal déguisent les oreilles.

l. Édition de G de Chonier.

'2. Édilion de G. de Ciiénicr

IIP

Le bon Chartrain 2, vieil imbécile honnête,

La larme à l'œil, les sens toujours bouffis.

D'un froid pathos, dit : Courage, mon fils,

< Cela promet

. . . et le grand Jean Fiéron 3 Digne héritier du grand Aliboron, Fils glorieux d'un si glorieux père.

De cette gent l'étoile est bien prospère! 0 renommée! ô sort! ô dieux jaloux!

Quoi! la faveur gouverne aussi chez vous! Voilà Gorsas * dont la faconde aimable Sans Durosoy^ serait incomparable.

Quel art, quel goût, quelle âme, juste ciel! Sont dévoilés par Pierre Manuel "^ !

Burke est sublime, et d'Entragues l'admire, Et Coquillart rit et ne fait point rire. Ces grands esprits, vains jouets du trépas. Sont inconnus comme s'ils n'étaient pas. Et les Frérons accaparent l'histoire.

D'un œil d'amour les muses et la gloire Veillent sur eux, illuminent leurs fronts

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