‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 123 sur 232 · AUX FRÈRES DE PANGE · texte numérisé non relu

AUX FRÈRES DE PANGE

Vous restez, mes amis, dans ces murs où la Seine Voit sans cesse embellir les bords dont elle est reine, Et près d'elle partout voit changer tous les jours Les fêtes, les travaux, les belles, les amours. Moi, Fespoir du repos et du bonheur peut-être, Cette fureur d'errer, de voir et de connaîlie, La santé que j'appelle et qui fuit mes douleurs (Bien sans qui tous les biens n'ont aucunes douceurs), A mes pas inquiets tout me livre et m'engage. C'est au milieu des soins compagnons du voyage Que m'attend une sainte et studieuse paix Que les flèches d'amour ne troubleront jamais. Je suivrai des amis - ; mais mon âme d'avance, Vous, mes autres amis, pleure de votre absence, Et voudrait, partagée en des penchants si doux, Et partir avec eux et rester près de vous. Ce couple fraternel, ces âmes que j'embrasse D'un lien ([ui, du temps craignant peu la menace. Se perd dans notre enfance, unit nos premiers jours Sont mes guides encore ; ils le furent toujours. Toujours leur amitié, généreuse, empressée, A porté mes ennuis et ne s'est point lassée.

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