‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 125 sur 232 · AUX FRÈFIES DE PANGE · texte numérisé non relu

AUX FRÈFIES DE PANGE

Aujourd'hui qu'au tombeau je suis prêt à descendre.

Mes amis, dans vos mains je dépose ma cendre.

Je ne veux point, couvert d'un funèbre linceul -,

Que les pontifes saints autour de mon cercueil,

Appelés aux accents de l'airain lent et sombre,

De leur chant lamentable accompagnent mon ombre.

Et sous des murs sacrés aillent ensevelir

Ma vie et ma dépouille, et tout mou souvenir.

Eh ! qui peut sans horreur, à ses heures dernières.

Se voir au loin périr dans des mémoires chères !

L'espoir que des amis pleureront notre sort

Charme l'instant suprême et console la mort.

Vous-mêmes choisirez à mes jeunes reliques

Quelque bord fréquenté des pénates rustiques,

Des regards d'un beau ciel doucement animé.

Des fleurs et de l'ombrage, et tout ce que j'aimai.

C'est là, près d'une eau pure, au coin d'un bois tranciuille,

Qu'à mes mânes éteints je demande un asile :

Afin que votre ami soit présent à vos yeux,

Afin qu'au voyageur amené dans ces lieux,

La pierre, par vos mains de ma fortune instruite,

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