‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 129 sur 232 · I. ii · texte numérisé non relu

I. ii

Une jeune beauté qu'appelaient ses soupirs.

Hier, entre ses bras, sur sa lèvre fidèle,

J'ai surpris quelques vers que j'avais faits pour elle.

Et sa bouche, au moment que je l'allais quitter,

M'a dit : « Tes vers sont doux, j'aime à les répéter. »

Si cette voix eût dit même chose à Virgile,

Abel, dans ses hameaux il eût chanté Camille;

N'eût point cherché la palme au sommet d'Hélicon,

Et le glaive d'Énée eût épargné Didon*.

LA SELXE

Ainsi, vainqueur de Troie et des vents et des tlots, D'un navire emprunté pressant les matelots, Le fils du vieux Laërte arrive en sa patrie. Baise en pleurant le sol de son île chérie ; [1 reconnaît le port couronné de rochers Où le vieillard des mers accueille les nochers. Et que l'olive épaisse entoure de son ombre; [1 retrouve la source et l'antre humide et sombre Où l'abeille murmure; où, pour charmer les yeux. Teints de pourpre et d'azur, des tissus précieux 3e forment sous les mains des naïades sacrées ; Et dans ses promiers vœux ces nymphes adorées ^Oue ses yeux n'osaient plus espérer de revoir) De vivre, de régner lui permettent l'espoir.

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