‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 214 sur 232 · Éd. G. de Ch'JLier. Le litre est ajouté par nous · texte numérisé non relu

Éd. G. de Ch'JLier. Le litre est ajouté par nous

Je baiserai les fleurs qui forment ta couronne, Et le lin qui te couvre, et l'air qui t'environne.

Achille au bord de la mer.

Et l'onde résonnante et la roche lointaine Gémissaient de ses pleurs et soupiraient sa peine.

Ipse interque grèges, interque armenta Gupido Natus et indomitas dicitur inter equas.

Illic indocto primum se exerçait arcu.

Hei naibi, quam doctas nunc habetille manus!

Nec pecudes, velut ante, petit : tixisse puellas Gestit, et audaces perdomuisse viros.

TibuîL, lib. II, Eleg. i, vers. 67 et se.quent.

Il faut traduire ces vers charmants, et imiter toute cette élégie, qui est un des plus beaux poèmes de l'antiquité. Il est plein d'âme, d'esprit, d'érudition et de philosophie ; car les erotiques anciens ne sont pas des Dorât. J'en dis autant de la huitième élégie du livre l^r.

Crudeles Divi ! serpens novus exuifc annos !

Tibul., lib. I, El. iv, vers. 35.

Cruelles destinées!

Le serpent rajeuni dépouille ses années.

Quand d'un souffle jaloux la Parque meurtrière Viendra de mon flambeau dissiper la lumière, Si tu viens près de moi, sur mon lit de douleurs Ta présence pourra répandre des douceurs. Pour apaiser l'efFroi que cet instant réveille, Que le son de ta voix flatte encor mon oreille;

Qu'autour de toi mes bras soient encore attachés; Que tes yeux sur les miens soient encore penchés; Que ta bouche se joigne à ma bouche expirante ; Que je tienne ta main dans ma main défaillante !

Nunc et amara dies, et noctis amarior umbra : Omnia nunctristi tempora felle madent.

TibuL, lib. II, El. iv, vers. 11.

Il faut traduire ou imiter ces beaux vers de mon Tibulle :

Le jour est amer à mon cœur;

La nuit vient et plus triste et plus amère encore. Tout meurt autour de moi du fiel qui me dévore.

ou littéralement :

Chaque instant de ma vie est abreuvé d'absinthe.

Le doux éclat du jour est amer à mon cœur. La nuit vient et plus triste et plus amère encore. Tout meurt autour de moi du fiel qui me dévore.

ou littéralement, ce qui est dur :

Chaque instant est trempé du fiel qui me dévore.

Et tinctus viola pallor amantum,

Hor*.

La pâle violette, emblème de l'amour.

Et la fieur de l'amour, la pâle violette.

La douce violette atlirait tous ses vœux;

C'est la fleur des amants, elle est pâle comme eux.

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