‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 66 sur 232 · XXXV · texte numérisé non relu

XXXV

Toi, de Mopsus ami ! Non loin de Bérécynthe

Certain saiyre un jour trouva la flûte sainte

Dont Hyagnis calmait ou rendait furieux

Le cortège énervé de la mère des dieux.

Il appelle aussitôt, du Sangar au Méandre,

Les nymphes de l'Asie, et leur dit de l'entendre ;

Que tout l'art d'Hyagnis n'était que dans ce bui ;

Qu'il a, grâce au destin, des doigts tout comme lui.

On s'assied. Le voilà qui se travaille et sue.

Souffle, agite ses doigts, tord sa lèvre touQ'ue,

Enfle sa joue épaisse, et fait tant qu'à la fin

Le buis résonne et pousse un cri rauque et chagriu.

L'auditoire étonné se lève, non sans rire.

Les éloges railleurs fondent sur le satyre

Qui pleure, et des chiens même, en fuyant vers le bois,

Evite comme il peut les dents et les abois 2.

Tu sais, tu te souviens dans quels nobles combats Quel animal bourbeux vient défier Pallas ».

Tu sais, tu te souviens dans quel plaisant délire Quel animal bruyant chanta contre la lyre?*

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