‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 82 sur 232 · XLVIII · texte numérisé non relu

XLVIII

Ma muse fuit les champs abreuvés de carnage.

Et ses pieds innocents ne se poseront pas

Où la cendre des morts gémirait sous ses pas.

Elle pâlit d'entendre et le cri des batailles,

Et les assauts tonnants qui frappent les murailles ,

Et le sang qui jaillit sous les pointes d'airain

Souillerait la blancheur de sa robe de lin.

< Éd. G. deChûnier.

Ua jeune berger dira :

Ma muse échevelée, amante des Naïades, Suit leurs pas sous l'abri des obscures Dryades ; Et, sa flûte à la main, va de ses doux concerts, De vallons en vallons, réjouissant les airs. Tout à coup les vallons, les airs, la grotte sombre. De joie, à ses concerts, poussent des cris sans noiubre, Car de ses doux accents, de ses vives chansons. Faunes, nymphes, pasteurs, ont reconnu les sons. Soudain, de toutes parts, volent à son passage Les nymphes au front blanc couronné de feuillage. Le Satyre au pied double, et Faunes et Sylvains, Et vierges et pasteurs, et tous frappant leurs mains : a La voilà », disent-ils ; en tumulte ils accourent ; Ils s'appellent l'un l'autre ; ils la fêtent, l'entourent ; Se plaignent qu'elle ait pu si longtemps les quitter. Elle rit ; on la suit pour l'entendre chanter.

Lî

En commencer une autre ainsi :

Allons, muse rustique, enfant de la nature. Détache ces cheveux, ceins ton front de verdure. Va de mon cher de Pange égayer les loisirs. Rassemble autour de toi tes champêtres plaisirs ;

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