‹ Œuvres poétiques; précédees d'une notice sur l'auteur et accompagnées de notes par le bibliophile JacobChapitre 10 sur 94 · NOTICE IX · texte numérisé non relu

NOTICE IX

sensible à ses vers ' et qui lui laissait prendre parfois quelques privautés assez significatives, sans arriver pourtant à la dernière preuve d'amour. Le poète nous raconte naïvement un lête-à-tête où il eut à subir le supplice deTantale ^ :

Souvent lassé de deuil et de plaisir, Sur son giron couc/iè d'un doux malaise, Je lui requier, las ! qu'un peu elle apaisa Le mal qui vient par elle me saisir.

De la serrer me prend un prompt désir : Peu, peu s'en faut qu'étroit je ne la baise!... Mais, en craignant que je ne lui déplaise, Ah! je ne puis un si grand bien c/wisir !..

Cette dame ne donnait rien pour rien ; elle se proposait sans doute d'amener le gentilhomme savoyard à payer en beaux deniers comptants ce qu'il attendait de la générosité de son cœur. Il lui offrit donc des présents, des joyaux 3, qui furent gracieusement reçus, mais qui n'eurent pas de résultat décisif. Le pauvre galant s'aperçut enfin qu'on en voulait à sa bourse, et que sa bourse n'était pas aussi bien garnie qu'on le croyait. Il s'écrie avec désespoir :

Mallieureux or, quels maux oses-tu faire ? L'or en amour fait plus que la prière!

Il ne fut pourtant pas guéri de son amour malheureux, et il continua de se lamenter, en accusant l'inconstance , la perfidie et l'avarice des femmes. Celle qu'il aimait toujours, en s'efforçant de la haïr,

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