XII NOTICE
eu chacun au service de sa muse une maîtresse plus ou moins idéale. On admira beaucoup les vers de Buttet, inspirés évidemment par ceux de Ronsard, et on le sacra poète français, tout Savoisien ou Savoyard qu'il était. Ce fut alors que Ronsard, dont Buttet se déclarait le disciple enthousiaste , lui adressa ce madrigal ' :
Amy Buttet, qui as monstre la voye Aux tiens de suivre Apollon et son chœur , Qui le premier, t'espoinçonnant le cœur, Te fit chanter sur les monts de Savoie j
Puisque l'amour à la mort me convoyé, Dessus ma tombe 'après que ma douleur M'aura tuéy engrave mon malheur, De ces sept vers que pleurant je f envoyé :
« Ccluy qui gist sous ceste tombe icy
Aima première une belle Cassandre,
Aiiua seconde une Marie aussi.
Tant en amour il fut facile à prendre!
De la première il eut le cœur transi.
De la seconde il eut le cœur en cendre.
Rochers pour luy, non cueurs pleins de mercy! >i
Marc-Claude de Buttet ne pouvait se dispenser de suivre jusqu'au bout l'exemple de Ronsard, sous peine de manquer à son rôle d'imitateur fidèle : il chercha donc une seconde maîtresse, moins cruelle, moins perfide, moins parjure que la première, et il n'eut pas de peine à la trouver, en ce bon temps des amours poétiques. Cette seconde maîtresse se nommait Anne. 11 nous apprend seulement qu'elle était docte à faire parler le luth-, et n'était pas moins