NOTICE XXIII
populariser par ses propres essais. Marc-Claude de Buttet, reconnaissant des éloges exagérés que lui adressait son ami Dorât, le remercia dans cette pièce de vers, où il a voulu se surpasser lui-même, en perfectionnant autant que possible son système prosodique à la romaine, sans y admettre la rime, que Pasquier et d'autres critiquaient dans cette espèce de vers :
Tu me seras toiisjours, mon divin d'Aurat, Apollon :
Car tu m'es auteur en ce poëme nouveau. Lorsque je viens à soner d'un luth doux-chantre ma Sappho.i
Et que je pleure l'amour, o que ce nombre me plaît! Rimes, adieu f Dientost viendront ces carmes ageancer
Les Charités, Pallas, Callioppée, l'Amour. Qui nie avoir les vieu-v, non sans grand'peine, recherché
Ces tiombres, ces pieds, cette manière de vers ? Enne, le père latin, premier des Pegasides seurs
Obtint du laurier celle couronne de pris. Puis vers mieux resonans vont feuillcr, jaunir et amer
Les bois, champs, guerriers, par le poëte Maron. Rien de sa main sortant jamais Nature n'a parfet
Sans que le temps y soit, comme le maître de tout.
Marc-Claude de Buttet croyait être parvenu à l'apogée de sa renommée : il avait, par l'influence de sa bienfaitrice Marguerite, gagné du crédit à la cour de France, et les vers qu'il présenta successivement à la reine mère Catherine de Médicis, à François de Lorraine, duc de Guise, à la duchesse de Nevers , à Philibert Duval, évêque de Séez , à Jacques Rapin , aumônier de la reine, et à d'autres personnages éminents, lui firent de puissants et utiles appuis. D'après le conseil de ses amis, il pensa que le moment était venu de réunir ses poésies éparses et de faire imprimer ce recueil, avant de retourner dans sa patrie avec la nouvelle duchesse de Savoie, qu'il avait juré de ne jamais quitter. Il ne se