‹ Œuvres poétiques; précédees d'une notice sur l'auteur et accompagnées de notes par le bibliophile JacobChapitre 33 sur 94 · UAmalthée, édition de iSyS, p · texte numérisé non relu

UAmalthée, édition de iSyS, p

2. Pages 74 et 75. Voici les malédictions qu'il adressait aux pre'lats catholiques, en leur reprochant d'entretenir en France la guerre civile :

Vous estes, à vrai dire, ô mitres clephans.

Cause de tout ceci ; et vous, povres enfans.

Tous aveuglés au fer, ah! que voulez-vous faire?

Vous allaiter au fiel de cet Hydre maudit ?

Oie\ ce que de Christ la chère Épouse dit,

Et ne vous soiiillei plus au sang de vostre mère.

XXXVl NOTICE

testante le mépris qu'il semblait faire de ses œuvres profanes.

Le temps était loin où Remy Belleau , dans son commentaire du second livre des Amours de Ronsard, en 1567, accordait ce souvenir flatteur à Marc- Claude de Buttet, éloigné de la France pour toujours : « Outre la parfaite connoissance qu'il a de la poésie (de laquelle il a le premier illustré son pays), il est merveilleusement bien versé aux sciences de philosophie. » Le nom de ce savant poète n'avait plus d'écho, du moins hors de la Savoie, et on ne le trouve pas même cité une seule fois dans les ouvrages qui traitent de la littérature du XVI" siècle, avant que l'abbé Goujet lui eût donné place dans sa Bibliothèque françoise, où l'auteur à'Amalthée n'est pas apprécié comme il le mérite.

Marc-Claude de Buttet est incontestablement un des poètes les plus remarquables de son temps; il se distingue par la pensée, par l'expression et par le rythme, quand il ne se perd pas dans ses déplorables imitations du grec, du latin et de l'italien; il égale souvent Du Bellay et Ronsard; il a du sentiment, de la passion, au milieu des images les plus bizarres, avec les couleurs les plus fausses , malgré l'enflure, le mauvais goût, l'abus des métaphores, des néologlsmes et des jeux de mots; il comprend, il sait peindre la nature; il parle souvent le langage du cœur; il évoque au besoin toutes les nobles inspirations de la poésie; il atteint parfois le plus haut degré de la forme. Viollet Le Duc, dans sa Bibliothèque poétique ', l'a donc jugé sous l'influence d'une

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