‹ Œuvres poétiques; précédees d'une notice sur l'auteur et accompagnées de notes par le bibliophile JacobChapitre 88 sur 94 · AUX BERGERS · texte numérisé non relu

AUX BERGERS

DIEU VOUS gard, gentils pâtoreaux, Qiii, prés de ces vertes coudrettes, Faittes dancer, sous les musettes, Voz chevrettes et voz toreaux.

Avés-vous point vcu traverser, Parce trac qui aux bois se mesle, A cheval une damoiselle, Qiii ores ne fet que passer?

Ils sont trois noirs chevaux à cours.

Et elle sus un blanc se hâte, Aiant un manteau d^écarlatte Et un haut chappeau de velours.

Un peu d'avant s'en va dispos Le laquais, qui court de vitesse.

Menant une levriere en lesse, Merquce de noir sur le dos.

ODE XXIIIl J69

Ne ravés-vous donques point veut L'appétit vous a fait entendre A bucheter parmi la cendre Vos cliatagnes dedans ce feu.

0 bergers, qu'heureux je vous voi!

Q ue le Ciel vous a fet de grâce, N'otant des plaisirs votre face, Et mesme deut passer le roi!

Jamais d'ennui ne vous souvient, Ains, contans fables et sornettes.

Ici, avec voz bergerettes, Vous prenez le tcns comme il vient.

Mais moi, las! serf de l'amitié, A qui j'obéi trop fidelle.

Je cour après cette cruelle, Qui n'a ni merci ni pitié,

Et langui, sans espérer rien Que la mort, sous le dur empire D'une maîtresse qui m'est pire Qu'un Turc à ung pauvre Chrestien.

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