‹ Œuvres poétiques (volume 2)Chapitre 63 sur 103 · SCÈNE i. jor · texte numérisé non relu

SCÈNE i. jor

Connais mieux ce vain peuple et supporte les guides, Qu'à sa fougueuse ardeur ont donnés les destins.

Ces tyrans ne sont point sans gloire et sans sagesse; Nous régnons sous leur joug, les premiers de la Grèce. Usons d'eux à loisir, sans les jeter à bas, Leur sachant quelque gré du mal qu'ils ne font pas; Et moins libres qu'avant, mais riches et tranquilles. Jouissons du repos, le plus grand bien des villes.

A1USTOGITOX.

Ce repos sous le joug, c'est la paix de la mort, C'est le calme fangeux d'une eau sombre qui dort, C'est l'immobilité de l'impur marécage, Où le reptile éclôt, d'où le venin surnage. Ce sommeil des esprits et des flots sans rumeurs Souille la terre et l'air, empoisonne les mœurs; Les feuilles des forets dans ce bourbier jetées, Les âmes des vivants y meurent infectées.

le en ce un.

Le mal dont tu gémis est vieux dans la cité; C'est lui qui fait, partout, mourir la liberté. Ce règne environné d'infections mortelles N'a pas créé nos mœurs, il est engendré d'elles. Nous croupissions déjà dans un impur marais ; La fange naît d'abord, et Python vient après...

ARISTOGITOX.

Et l'hydre aux longs replis à nos membres se noue. Chaque jour nous tirant plus au fond de la boue.

LE CHŒUR

Quels généreux efforts avez-vous donc tentés? Par un coup de vertu vous seriez remontés ! Mais la jeunesse dort dans l'orgueil de ses vices; On ne la dresse plus aux mâles exercices; Les frugales vertus ne sont plus en honneur, Et chacun veut sa part d'un luxe empoisonneur. L'éphèbe, atteint déjà des hontes d'un autre âge, Estime la richesse au-dessus du courage; Et l'or met plus souvent ses souillures aux doigts Des jeunes d'aujourd'hui que des vieux d'autrefois.

AKISTOGITOK.

Tu fais bien, ô vieillard, de louer les ancêtres Pauvres, laborieux, ne souffrant pas de maîtres; De vanter le passé pour nous rendre jaloux, Et nous donner le cœur d'aller plus haut que vous. Ne dis pas cependant que dans l'ombre où nous sommes Plus rien ne brûle au cœur des pâles jeunes hommes, Va, si quelque étincelle, en cet hiver trompeur, Doit des bons citoyens réveiller la torpeur, D'un courroux généreux, si la cité s'embrase, Le feu sourdement couve à l'école, au gymnase. Si quelque grand coupable est immolé demain, Le coup sera porté par une jeune main.

LE CHŒUR

Où sont-ils ces vaillants, fils de pères timides, Fidèles à Solon sous les Pisistratides ?

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