‹ Œuvres poétiques (volume 2)Chapitre 8 sur 103 · LA SÉRIE DES ÉPREUVES · texte numérisé non relu

LA SÉRIE DES ÉPREUVES

LES DIVERS AGES DE l' HISTOIRE.

/. Psyché au désert. — Après la faute d'Eve, Dieu maudit la terre, dit la Bible. La nature est devenue l'ennemie de l'homme, qui dans ces premiers temps est vaincu par elle. — En proie aux douleurs de la faim, exposée à la rage des bêles fauves au milieu des sables torrides ou des forêts glaciales, la veuve de l'idéal, Psyché, rejetée du sein de l'Amour, perd presque entièrement dans les souffrances du corps le souvenir de l'époux mystique. — Après la chute, l'obscurcissement de la vérité est presque complet. — Iitat sauvage; les premiers arts matériels ne sont pas encore inventés. — Dieu ne cesse pas néanmoins de veiller sur l'âme. Eros, resté itivisible, garantit Psyché des dangers de ce voyage à travers la nature vierge et la barbarie primitive.

H. Psyché, victime humaine. — Les premières sociétés barbares. - Les religions de sang et de ténèbres. — Le souvenir des révéla-

lions de l'Èden s'est effacé. L'humanité déchue reçoit ses premiers dieux de la terreur; elle se prosterne devant des idoles monstrueuses. — Prise par une tribu de chasseurs, Psyché est réservée comme la plus précieuse victime d'une hécatombe humaine; elle va monter sur le bûcher, lorsqu'elle est délivrée à la suite d'un combat des peuples nomades. — Les nationalités commencent à se former sous ces dieux exclusifs et sanguinaires ; tout étranger est ennemi, tout ennemi doit mourir.

III. Psyché esclave. — Premières sociétés régulières; premières villes. — L'étranger n'est plus condamné à mourir ; la vie lui est conservée, mais il est esclave ; il est exclu du temple et de la cité.

— Psyché prépare la nourriture grossière des captifs qui construisent Babylone. — Chant des esclaves bénissant la Nuit, divinité de l'oubli et du repos. — Un souvenir du bonheur antique et de l'apparition de l'idéal s'est réveillé dant l'âme de Psyché. — Ecrasée par la servitude, elle veut chercher un refuge dans la mort. — Ses lamentations au bord du fleuve. — Mais la nature, par toutes ses voix, lui conseille de vivre. — L'humanité commence à recevoir de la nature une révélation meilleure, à y puiser le sentiment du bien.

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