‹ Œuvres poétiques (volume 2)Chapitre 91 sur 103 · UN* CONJURÉ, HARMOD1US, ARIS- TOGITON, ISMÉXE, LE CHŒUR SECOND CHŒUR · texte numérisé non relu

UN* CONJURÉ, HARMOD1US, ARIS- TOGITON, ISMÉXE, LE CHŒUR SECOND CHŒUR

DM CONJURÉ.

Athéniens, les dieux ont défait notre ouvrage! La trahison veillait, trompant votre courage : Hippias connaît tout ! Vous agiriez trop tard.

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Tout à l'heure, un de nous lui parlait à l'écart,

Et les yeux du tyran, dans ce colloque infâme,

De leur fauve sourire ont agité la flamme.

Autour de lui, tout prêts à repousser nos coups,

Ses Thraces furieux, cette meute de loups,

Sans doute, en ce moment, rassemblés en grand nombre,

Lui forment un rempart de leur phalange sombre.

D'autres secours, bientôt, ne lui manqueront pas ;

Hipparque est, dans la ville, accouru sur mes pas ;

Prompt comme un léopard, lorsqu'il flaire une proie,

Du Léocoriou il traverse la voie.

Ses amis prévenus vont nous envelopper.

Fuyons ! il n'est plus temps de vaincre et de frapper.

Mais nous pouvons encor, par la porte Sacrée,

Gagner quelque vaisseau sous la voile, au Pirée,

Ou nous dérober tous, étant si peu nombreux,

Remonter le Céphise entre les pins ombreux,

Franchir les monts Parnès au nord du Pcntélique,

Et tous être, avant l'aube, échappés de l'Attique,

SECOND CHŒUR

Mystérieux pouvoir, qui n'admets pas d'autels,

Trahiras-tu toujours la vertu des mortels,

O Destin ! Et prenant les meilleurs pour victimes,

Porteras-tu toujours tes faveurs aux grands crimes ]

Aux lois, aux saintes lois, les dieux indifférents,

Les dieux épousent-ils la cause des tyrans ?

O Pallas-Athéné, sérénité suprême,

O lumière de Zeus, vas-tu pâlir toi-même,

Et, comme au noir séjour par les morts habité,

Laisser peser la nuit sur ta chère cité ?

Elle attendait de toi, la ville sans rivales, De libres citoyens, des lois pour tous égales : Lumineuse Athéné, peupleras-tu ces murs D'esclaves sans regards et de tyrans obscurs?

IIARMODIl'S.

Amis, c'est par nos mains qu'agira la déesse; C'est à nous de l'aider à remplir sa promesse. Nous sommes tous debout, vaillants, armés de fer; Pourquoi désespérer aujourd'hui plus qu'hier? Chacun de nous savait qu'il y risquait sa tète. A défaut de victoire, une illustre défaite Pour changer le destin et contraindre les dieux ; C'est ainsi que l'ont fait maints guerriers, nos aïeux. Essayons le combat, notre vertu nous reste: Aux tyrans plus qu'à nous ce jour sera funeste.

LE CHŒUR

Cest le plus patient et non le plus hautain, Celui qui sait plier sous le vent du destin, Qui refrène le mieux sa colère et son glaive, C'est lui qu'au jour marqué le sort changeant relève. Achille est mort ; Ulysse, en de sages retards, Ulysse a d'Ilion percé les hauts remparts. Fuyez, ô jeunes gens, on ne pourra vous suivre; Pour voir crouler ce joug, il vous suffit de vivre.

ARISTOGITON

Brisons au moins ce soir le faisceau des tyrans, Frappons ce règne au cœur par des coups différents. Hippias, défendu par sa phalange thrace,

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