AUX SOUVENIRS. JOI
Sourires plus doux que le miel, Envolez-vous de ma mémoire !
Ces nœuds chers qu'il faut délier, Tranchons-les vite aux pieds du Maître... Mais, avant de tout oublier, Les adieux sont permis, peut-être?
Revenez encore une fois Traversez mon cœur, doux visages, Chênes sacrés, mousses des bois, Petites fleurs, grands paysages !
Je veux un instant tout revoir Et la ville et mes solitudes, Les salons, mon humble manoir.
Mes tableaux, mes livres d'études.
J'étais né fidèle à jamais.
Mon souvenir fort et tenace Etreint ce passé que j'aimais.
Mes amis, ma terre et ma race.
De mon cœur je ferai le tour Et, dans le recoin le plus sombre.
Mes adieux de mort et d'amour N'omettront pas une seule ombre.
Je vous revois, êtres sacrés.
Vous gardez encor tous vos charmes !
J'adresse à vos fronts adorés
Ces vers, mes baisers et mes larmes.
Sites chéris, chers compagnons, Amis sans peur et sans reproche, Je veux dire ici tous vos noms...
Il faut s'arrêter... l'heure est proche.
Mais, au bord de l'éternité,
Tant que je suis encor moi-même
Tout mon cœur vous sera jeté
Tout dans ces seuls mots : Je vous aime
Assez !... quitte en pai.K ce bas lieu Plein d'espoir, d'un espoir immense.
J'ai fini... me voilà, mon Dieu!
Je m'abandonne à ta clémence.
Septembre 1S79.