‹ Œuvres poétiques (volume 3)Chapitre 57 sur 113 · IV · texte numérisé non relu

IV

Qui sait rendre à tes (lots ]a voix de leurs Syrènes Et l'accent de Virgile à tes bruns Laboureurs.

Mêlant tous deux notre âme et nos rêves sans nombre Dans ces cliants alternes à la Muse si cliers, L'élcîgant Phocéen parie au Druide sombre : Moi je dis les grands bois, et lui les blondes mers.

Vers ton soleil, ainsi, lorsque je m'oriente, Quand le morne brouillard étend chez moi son deuil, La poésie en fleurs, l'amitié souriante, Sous ton ciel sans hivers, viennent me faire accueil.

En tes fleurs, ô Provence, eu tes fils que j'embrasse. En tes mille vaisseaux voguant vers l'avenir. En tes flots, en tes monts dentelés avec grâce, A l'heure des adieux, laisse-moi te bénir.

Chez toi, sur ces sommets qui surplombent la grève Oii le myrte jaillit du rocher qui se fend, Je veux dresser ma tente... au moins j'en fais le rêve. Car j'y devins poète et presque ton enfant.

Janvier 1859.

CA NZON E.

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