POÈME
Le chêne est vieux ; les ans, les vents et le tonnerre Ont fait brèche à son front quatre fois centenaire. Squelette immense, au loin, dans la brume des soirs, Il tord sous un ciel gris sas bras noueux et noirs. Sur ses minces rameaux tremble un feuillage rare. Le prodigue printemps pour lui s'est fait avare ! Dans le concert de juin il se tait, il est seul.
La mousse étend sur l'arbre un bleuâtre linceul ; Sur ses branches le gui, sur ses pieds la fougère... Tout ce qu'il a de vert est de sève étrangère.
Les oiseaux de l'amour ne s'y posent jamais : De sinistres bavards fréquentent ses sommets ; Chargeant de leurs nids lourds ses tiges les plus hautes, La pie et le corbeau font fuir de plus doux hôtes.
En bas le sol est nu ; pas une fleur autour