‹ Œuvres poétiques (volume 3)Chapitre 71 sur 113 · IV · texte numérisé non relu

IV

Comme en ton dur granit un chêne enraciné,

Tu retiens dans tes flancs la foi de tes ancêtres.

De nul vainqueur jamais tu n'as suivi le char, La dernière soumise et libre la première ! Ton sol a rejeté les traces de César ; Le Christ seul t'imposa son joug fait de lumière.

Tout ce qui touche à toi s'empreint d'éternité. Les pierres des dolmens fondront comme du sable, Avant qu'on ne t'ébranle en ton âme indomptable ; Rien n'en extirpera Dieu ni la liberté.

Quand tout s'abaisserait sous la force usurpée, Vous seuls sur ce granit, Bretons au cœur féal. Vous resteriez debout, gardant à l'idéal Une lyre toujours et toujours une épée.

Janvier 1S67.

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