PRINTEMPS
l'abeille.
Sur la ruche qui dort, Avril au doigt vermeil Frappe, et le jeune essaim respire à son réveil
La fraîche odeur des sèves; II s'envole et murmure à travers les pruniers ; Et le même soleil, dans les cœurs printaniers,
Fait bourdonner les rêves.
Pars, diligente abeille, et choisis bien tes fleurs! A l'appel des parfums et des vives couleurs, Tu peux fuir ta cellule ;
Car un dieu te conseille, et tu sais éviter Ces beaux fruits vénéneux qui se font récolter Par notre main crédule.
Vienne un guide aussi sûr diriger ton essor, Enfant qui vers la rose et vers le bouton d'or
Veux t'en voler si vite!
Sache imiter l'abeille et les oiseaux du ciel ; Et puisses-tu, comme eux, ne trouver que du miel
Dans la fleur qui t'invite !
A D AH
Hier, je l'ai reconnu sans l'avoir vu Jamais! A travers les taillis j'ai surpris son visage. C'est le bel étranger que dès longtemps j'aimais; Mon cœur m'a dit son nom et montré son visage.
Il vient! ces prés en fleurs se sont parés pour lui. Comme l'air est plus pur, quel beau soleil se lève! Avant ces doux rayons je n'existais qu'en rêve ; Je me sens vivre enfin à partir d'aujourd'hui.