CHOEUR
Le ciel perd, avec l'été,
Sa gaîté; Craignez l'hiver monotone.
Mais, pour réveiller le cœur,
Ma liqueur Coule des doigts de l'automne.
Viens, de la cuve au pressoir,
Recevoir Jusqu'à sa goutte dernière ; Tiens fermé, jusqu'en avril,
Le baril Où la sève est prisonnière.
Puis, sous un cristal épais,
Couche en paix Le vin qui miirit à l'ombre.
Laissons vieillir endormi
Cet ami, Pour le trouver au temps sombre.
Dans ces flots couleur de feu.
Le bon Dieu Mit pour nous d'ardentes flammes; Quand il fait froid, quand le soir
Est bien noir, C'est du soleil pour nos âmes.
Suivez les chars au pas des taureaux familiers. Chanteurs! Bénissez Dieu, la saison est féconde; La maison sera pleine ainsi que les celliers... La famille est nombreuse, et la vendange abonde Laissez grandir l'enfant, laissez vieillir le vin !