‹ Œuvres polémiques et diverses de M. le comte de MontalembertChapitre 50 sur 73 · DE LA PUBLICITÉ EIS ANGLETERRE · texte numérisé non relu

DE LA PUBLICITÉ EIS ANGLETERRE

En parlant des institutions et des traditions de l'Angleterre, de celles qu'on peut non- seulement lui envier, mais même lui emprunter au profit de notre société démocratique, si l'on recherche attentivement quel est le principal instrument de ce mécanisme social si solide en même temps que si compliqué, la garantie la plus efficace de la possession de tant de biens anciens et nouveaux, je penche à croire qu'elle réside dans la publicité. Celle qui règne en Angleterre est à la fois immense, complète et sincère. Elle n'a pas toujours été ainsi ^, mais elle l'est aujourd'hui. Cette publicité ne peut, comme de raison, exister sans la liberté de la presse ; mais la liberté de la presse ne suffit pas toujours pour l'établir. Nous le savons par expérience. Nous avons eu la licence de la presse, nous n'avons jamais eu la vraie publicité.

Dans la société moderne, celui qui a la publicité a tout. Quand l'ambassadeur de Venise voulut donner à sa république une idée complète de la toute-puissance de Cromwell, en 1656, il lui écrivit : « Cet homme a chassé la Chambre des communes : il parle et il ment tout seul '^. »

Dans l'Angleterre actuelle, la publicité appartient réellement et sincèrement au public.

' On voit dans la correspondance de Wilberforce que, dans les dernièrps années du dix-huitième siècle, il avait à se plaindre de l'altération de ses discours par les journaux de l'opinion qu'il combattait.

' Dépêche de Sagredo, citée par M. Guizot, Histoire de la république (V Angleterre et de Cromwell, t. II, p. -240.

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