LETTRE A MES CONCITOYENS
Paris, 6 mai 18W.
Quelques-uns d'entre vous se sont adressés à moi pour me demander si je me présente aux élections du 15 mai. Je n'ai jamais éprouvé de doute à cet égard. Le moment où tant de projets se forment contre la République n'est pas celui que je choisirai pour quitter volontairement la lutte.
Je suis resté fidèle aux engagements que j'avais pris envers vous, parce que je les avais d'abord pris envers moi-même. Dans le mandat que vous m'avez confié, je me suis appliqué à deux choses : défendre la liberté par mes votes, dans FAssemblée, défendre l'Assemblée, c'est à dire les droits du suffrage universel, avec la garde nationale de Paris.
Il Y a deux manières d'envisager la République, et de là deux partis en présence qu'un abîme sépare. Les
uns acceptent le gouvernement républicain, comme uiie expérience qu'ils consentent à faire; les autres l'accepleiU par principe comme le gouvernement définitif du droit.
J] est évident que subir la République à litre d'essai qui peut tourner à son affermissement ou à sa chute, c'est tout replonger dans l'incertitude et le doute; c'est dire que chacun des gouvernements tombés conserve ses chances entières , que la fortune de la France est jetée au sort, que la République ou la monarchie peut sortir d'un coup de dé, que tout ce que nous avons fondé repose sur le sable; c'est, en un mot, laisser éternellement ouvert le chemin des révolutions.
Je suis de ceux qui pensent, au contraire, que l'expérience est consommée, que trois monarchies écroulées l'une sur l'autre sont pour nous un enseignement irréfutable, que renouveler l'épreuve serait tenter la Providence, qu'enfin la République a pour elle, non pas la chance d'un coup de dé, mais la puissance indestructible de la justice.
On demande pourquoi notre société est malade, pourquoi les transactions s'arrêtent, pourquoi la vie industrielle s'épuise? Ce mal durera aussi longtemps que la société flottera, incertaine et sans foi, entre la monarchie et la République. Affirmons, proclamons de nouveau notre foi dans le principe démocratique , et cette société vivra. Mais, si après avoir rejeté la monarchie, nous ne savons pas embrasser la République sans arrière-pensée , nous ne pouvons que souf-
frir des maux de l'une et de l'autre ; sortons de cette incertitude, c'est une demi-mort pour tous.
Habitants de nos campagnes , vous qui , par dessus tous , avez besoin de paix , vous ne trouverez la paix que dans le droit qui est la seule chose durable. Vous considérerez la République, comme assise pour toujours sur votre bon droit qui est plus solide que le granit; vous repousserez loin de vous toute idée de soumettre le principe du gouvernement de votre pays à de nouvelles expériences.
Voulez-vous rendre impossible le retour des révolutions? confondez le salut de la République avec le salut même de la patrie.
Au contraire, voulez-vous que le sol tremble de nouveau sous vos pieds, que la plus obscure de vos chaumières soit mêlée au bouleversement de la patrie? essayez de refaire ce que Dieu a défait par trois fois en peu d'années. Tentez, défiez la Providence; ramenez sous d'autres noms l'esprit des règnes de Charles X et de Louis-Philippe. Celui qui les a renversés hier renverserait encore leurs imitateurs.
La France a enfanté avec douleur la République. Mais la mère étouffe-t-elle son enfant à cause du travail qu'il lui a causé? Ses douleurs même lui sont une raison nouvelle de s'attacher au fruit de ses entrailles, parce qu'elle sait qu'un jour, ses douleurs se tourneront en joie. De même, vous n'étoufferez pas la République qui est vous-même parce que vous avez souffert pour elle; vous lui donnerez le temps de grandir.
DISCOURS
DAXS lA DISCISS10\' SIR l'EXPÉDITIOX D'ITAllE.
Séance du mardi 7 août 1849.
Citoyens représentants ,
Après la longue discussion à laquelle vous venez «l'assister, mon intention n'est pas de rentrer dans les incidents du débat; je crois que ces incidents sont dominés par un certain nombre de questions. Je me propose, très brièvement, si l'Assemblée veut bien me prêter un moment d'attention {Parlez!), d'examiner comment ces questions ont été posées, comment elles ont été résolues; car, quoi qu'en ait dit hier M. le ministre des affaires étrangères, je ne puis croire avec lui que les négociations soient seulement pendantes. Non, messieurs, cette affaire n'est pas seulement entamée, elle est véritablement consommée par la force des choses. Il s'agit ici d'une ancienne histoire qui se répète incessamment en Italie, depuis de longs siècles
sans presque aucun changement. Tous ces grands coups (le main, qui s'opèrent périodiquement en Italie, sont connus et prévus à l'avance.
Toutes les fois que la papauté s'est sentie pressée au dedans par une difficullé intérieure, elle a appelé des armées étrangères. Celles-ci sont arrivées, ont investi l'Italie. En se retirant, elles ont laissé après elles ce que les uns appellent la paix, ce que les autres appellent la servitude et la mort. Le gouvernement de la République française n'a rien changé à cette ancienne histoire; il n'y a rien ajouté que son tribut de sang. [Rumeurs.)
Dans le discours de M. de Falloux vous avez remarqué avec moi ce passage où il s'est emparé du titre donné à Rome, de la Ville éternelle, pour faire je ne sais quel rapprochement politique. Veut-il dire par là que si Rome est la ville éternelle, le peuple romain doit être enchaîné à une éternité immobile? Mais, l'Italie, garrottée, torturée par les armées étrangères, ne se condamne pas à cette immobilité ; elle lui répond par la voix de Galilée : « Et pourtant elle se meut! » c'est à dire elle vit, elle s'agite, elle aspire à l'action, à la vie des peuples modernes, et rien ne pourra l'empêcher de marcher dans cette voie.
Quelle est la première question posée en Italie? On l'a dit, c'est une question de nationalité. Là où l'honorable M. de Falloux n'a vu qu'une question de socialisme, quinze millions d'hommes ont posé une question d'indépendance et de patrie. Les Italiens n'étaient rien
en Italie, ils demandent à y être quelque chose. Voilà le sens de la révolution italienne. Cette nationalité est nécessaire à celle de la France; car, aussi loui^lemps que le peuple italien n'occupera pas politiquement son pays, la Péninsule appartiendra, par la force même des choses, à l'Autriche, et aujourd'hui vous le savez, l'Autriche, c'est la Russie...
Un membre. Comment cela?
LE citoye:^ quinet.... L'avant- garde de la Russie.
Pourquoi, messieurs, toutes les luttes qui ont éclaté entre l'Autriche et la France, malgré nos succès, ontelles abouti à fortifier, à enraciner la domination autrichienne? Par une raison très simple et très évidente, c'est qu'une oppression ancienne, immémoriale, qui se confond pour ainsi dire avec l'origine des États italiens, l'emportera toujours sur une oppression récente.
Voulez-vous donc que la péninsule italienne ne retombe pas entre les mains des ennemis de la France, n'empêchez pas le peuple Italien de naître. Or, la nationalité italienne a rencontré de nos jours une difliculté qui l'a empêchée de se constituer, de se former dans le passé. Cette dilliculté, c'est le pouvoir temporel des papes. Constituer une patrie, un corps de peuple avec un élément étranger, avec un gouvernement nécessairement issu de l'étranger, voilà le problème posé à l'Italie; c'est un problème insoluble.
Dans le passé, aussi longtemps que la foi a été plus profonde en Italie que le sentiment politique, l'Italie a sacrifié sa nationalité à l'ambition de posséder dans la
pûninsulc le siège de la papauté. De nos jours, le contraire arrive. Sous rinfluence des idées Européennes, la foi religieuse s'est trouvée plus faible que l'ardeur politique; la théocratie a dû nécessairement céder au sentiment de la nationalité et de la patrie. Lors même qu'aujourd'hui vous obtiendriez d'un pape libéral une concession d'ailleurs impossible, êtes-vous sûrs du lendemain? êtes-vous certains que le pape qui succédera à Pie IX, ne sera pas un pape autrichien , c'est à dire que le chef de l'Italie ne sera pas demain l'élu des oppresseurs de l'Italie?
Le Gouvernement français a fait souvent à la République romaine le reproche que son gouvernement était formé d'étrangers. Mais, messieurs, ce reproche s'adresse avant tout au gouvernement du pouvoir temporel; car vous savez qu'aujourd'hui ce gouvernement se compose nécessairement d'éléments étrangers. Le pouvoir temporel n'est pas tout entier dans le pape; le collège des cardinaux en est un élément nécessaire. Cette assemblée des cardinaux, qui renferme aussi dans son sein les pouvoirs de l'État , se compose en partie d'hommes étrangers, non pas seulement aux Etats romains, mais à l'Italie elle-même.
Je suppose , un instant que cette organisation soit imposée à la France; je suppose que, dans cette enceinte de la loi où j'ai l'honneur de parler, ces bancs, au lieu d'être occupés par des Français qui tous ont fait leurs preuves de nationalité, soient occupés, en grand nombre, par des étrangers de toutes nations, à
condition pourtant (ju'ils fussent prêtres, pensez-vous que la patrie française pourrait résister à cette épreuve? Non, sans doute. Eh bien, si une nationalité aussi vigoureusement constituée que la nôtre périrait dans ce système, que devez-vous penser d'une nationalité aussi chancelante que celle de l'Italie?
Lorsque, par la puissance des armes, vous lui imposez le pouvoir temporel, c'est à dire un gouvernement nécessairement étranger , que faites-vous donc? Deux choses. {Bruit.)
LE CITOYEN QuiNET. Jc uc m'adrcssc pas aux passions de l'Assemblée; je m'adresse à son esprit de justice et d'équité.
A droite. On vous écoute. Parlez!
LE CITOYEN QuiNET. l" Vous rcndcz impossiblc la nationalité italienne. Machiavel appelait le pouvoir temporel du pape , le fer dans la plaie de l'Italie ; par un mouvement héroïque, ce peuple avait rejeté ce fer de son sein ; quand vous l'y replongez, vous empêchez la plaie de se fermer.
2" Vous faites ce que désire le plus l'Autriche, c'est à dire que vous établissez sa domination sur les ruines mêmes de la patrie italienne. Car enfin, vous ne resterez pas éternellement en Italie; vous ferez ce que la France a toujours fait en pareille circonstance, vous vous retirerez ; et le jour venu où vous aurez quitté l'Italie, que restera-t-il debout? Le peuple italien n'ayant pu se constituer , il restera , à sa place, son ancien maître , l'empire autrichien , qui , en-
core une lois , n'est plus ({ue l'avant-garde de la Russie.
Ainsi, en vous retirant, vous laisserez la Russie toute puissante à nos frontières; la Russie pèsera, du haut des Alpes, sur la France. Premier résultat de votre expédition.
J'arrive à la question de liberté. Ici je m'empare d'une citation qui vient d'être faite par M. le ministre de l'instruction publique, il s'est appuyé sur l'opinion de Napoléon ; je prétends m'appuyer aussi sur cette même opinion. L'honorable M. de Falloux vous a rappelé des paroles de Napoléon, qui datent du temps oîi il était le plus favorable à la papauté; seulement M. le ministre aurait dû ajouter que tout ce qu'il a lu concerne le pouvoir spirituel. Il y a cependant un mot sur lequel il a passé trop vile, qui se rapporte au pouvoir temporel, lequel est seul aujourd'hui l'objet de la discussion. Permettez-moi , messieurs , de relire le passage :
« Ce chef est étranger (dit Napoléon , cité par l'honorable M. Thiers), ce chef est étranger, et il faut en remercier le ciel! Quoi ! dans le môme pays, se figuret-on une autorité pareille à côté du gouvernement de l'État? Réunie au gouvernement... (et c'est là ce que nous faisons à Rome), réunie au gouvernement, celte autorité deviendrait le despotisme des sultans. »
LE CITOYEN MIISISTRE DE l'iNSTRUCTION PLBLIULE. Cc
n'est pas cela. Vous vous trompez!
LE CITOYEN QuiNET. C'cst parfaitement cela!
C'est à dire que la confusion du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel est dans la pensée de Napoléon, et suivant son expression, le despotisme des sultans.
LE CITOYEN MINISTRE. DE l'iNSTRUCTION PUBLIQUE. C'CSt
tout le contraire; je vous demande pardon...
A gauche. N'interrompez pas !
LE CITOYEN QuiNET. Comment! ce n'est pas cela! « Réunie au gouvernement de l'État, cette autorité... » Quelle autorité? l'autorité spirituelle, car il n'a pas été question d'autre chose. «... Deviendrait le despotisme des sultans. » Après cela, je demande comment il se lait que ce que Napoléon appelait ie despotisme des sultans, soit aujourd'hui même imposé à l'Italie, au nom de la liberté, par qui? Par le gouvernement du neveu de Napoléon... [La déluré! la clôture! — Aux voix ! aux voix !)
La constitution avait d'ailleurs marqué d'avance les conditions nécessaires d'un gouvernement régulier; elle a posé le principe fondamental dans l'art. 19, ainsi conçu : « La séparation des pouvoirs est la première condition d'un gouvernement libre. » Qu'est-ce, messieurs, que la révolution romaine, en droit, si ce n'est l'application littérale et formelle de cet article? La révolution romaine a rencontré la confusion des deux pouvoirs, elle les a séparés. Il n'est personne dans celle enceinte qui puisse dire que si la confusion des pouvoirs civils est une servitude, cette servitude ne soit cent fois plus pesante lorsqu'il s'agit de la confusion du pouvoir civil el du pouvoir religieux.
Si la mùine aulorilé lient dans ses mains la conscience, les droits civils et la vie politique, assurément le despotisme est au comble. C'est pour cela que Napoléon appelait cette confusion une tyrannie musulmane.
D'un autre côte, le pouvoir temporel, considéré isolément, contient cette même confusion de pouvoirs. Quand vous restaurez ce qui est le contraire de la constitution, je demande ce que devient l'art. 19; je le cherche et je ne le trouve plus.
Une voix à droite. Vous n'attaquez pas la question.
LE CITOYEN QUiNET. Je crois, au contraire, toucher en ce moment une question qui n'a pas encore été traitée à la tribune et qui est le fond même du débat. L'honorable M. de Tocqueville nous disait hier que celle Assemblée n'est pas un concile. Il serait trop facile, messieurs, de se débarrasser ainsi i)ar un jeu d'cspiil du point le plus diflicile de la question; et ce point le voici :
Nous imposons à l'Ilalie, aux Étals romains, quoi? le pouvoir temporel, c'est à dire la théocratie. Veuillez, je vous supplie, y songer un moment. La France impose une théocratie à un peuple étranger! Mais ne sait-on pas quelle est la condition propre, de ce gouvernement; qu'il ne s'établit pas sur la conquête, sur la force, sur la violence? Cette condition propre : c'est un certain degré de foi; je ne dis pas seulement une religion, mais un certain degré d'exaltation religieuse; là ou ce degré de foi n'existe pas, ce gouvernement est
impossible par la force môme des choses. Lors donc que vous imposez le pouvoir temporel, c'est à dire la théocratie, par la grâce des baïonnettes, vous vous abandonnez à une violence aveugle, ou vous devez supposer qu'à la suite de cette torture renaîtra en Italie la foi nécessaire pour supporter le gouvernement sacerdotal.
Que servira de relever la théocratie sur des baïonnettes, si ce gouvernement ne s'appuie sur la croyance religieuse? C'est donc la contrainte de la conscience par le fer, c'est le droit du moyen âge; mais pour exercer le droit du moyen âge, il faut en avoir le courage et la logique.
Oui, la première condition pour exercer cette contrainte, est d'employer Tépée au nom d'une croyance. Je comprends parfaitement que l'Espagne, Naples, puissances essentiellement orthodoxes, qui ont une religion d'État, osent contraindre un peuple étranger à se soumettre à une orthodoxie ; c'est le principe de l'inquisition appliqué à une nationalité. Mais vous!... {Marques d'impatience à droite.)
Voix à gauche. Allez, vous êtes dans la question !
LE CITOYEN QufNET. Mais VOUS, cst-cc au nom d'une religion d'État que vous allez porter avec vous la contrainte religieuse? Si nous voulons entrer dans cette voie, disons-le franchement; commençons par établir chez nous, dans le sang, l'unité, la rigueur de la foi. Lorsque Philippe II ramenait les dissidents étrangers au joug de l'autorité romaine, il avait commencé par ramener chez lui cette unité implacable.
On a parlé des garanlics conslilulionnelles d'un gouvernement régidier dans les États romains. L'honorable M. de Tocqueville vous a averti hier que, sur ce point, il est décidé à se taire. Par malheur, l'autorité pontificale a parlé à sa place; le saint-père a déclaré de la manière la plus formelle, en ouvrant la consulte d'État, « que tout gouvernement constitutionnel dans les États romains est une utopie; que, dans ses réformes, ne se trouve le germe d'aucune institution parlementaire. » Voilà ce que le pape a solennellement déclaré.
Quel est donc le dilemme dans lequel le ministère est enfermé? S'il veut introduire dans les États romains un gouvernement constitutionnel, il se trouve en contradiction ouverte avec la volonté du pontife; s'il établit le gouvernement absolu , il viole sa parole et la constitution.
Enfin, messieurs, une dernière question, l'intérêt du catholicisme. Après avoir immolé le droit d'une manière aussi flagrante, croit-on, du moins, servir les intérêts catholiques! Pour moi, je pense qu'on leur porte le plus grand coup. Le Gouvernement français place en deux camps opposés la nationalité et la papauté. Croit-on qu'il soit sans péril pour le catholicisme de montrer à l'Italie la papauté assistée des armées étrangères? N'avons-nous pas vu ce qu'il en coûte aux restaurations de traîner ce cortège après elles? L'exemple de la France et de tant d'autres peuples qui ont adopté et consacré le schisme n'est-il pas contagieux? [Inlerruption.)
Voix diverses. Assez ! assez ! — La clôture ! — A demain ! — Il faut renvoyer à demain !
LE CITOYEN QLiNET. Après tant de désastres, l'Italie ne peut-elle pas arriver à celle conviction que, pour se soustraire aux invasions des armées catholiques perpétuellement renaissantes sur son sol, il n'est pour elle qu'un moyen, suprême, héroïque, qui est de se soustraire au catholicisme lui-même?
Tels sont les résultats de cette expédition.
Il y avait un intérêt de nationalité pour la France : nous livrons nos portes à la domination de l'influence autrichienne et russe.
Il y avait un intérêt pour l'Italie : nous la replongeons dans l'ancienne servitude.
Il y avait un intérêt pour le catholicisme : en poussant l'Italie au désespoir, nous la poussons au schisme.
Il y avait un intérêt d'humanité : nous étouffons un peuple qui ne demandait après tout que la liberté de naître.
Enfin, il y" avait l'intérêt de la société : ce qui me frappe, est de voir que ceux qui croient la sauver lui portent, au contraire, les plus profondes atteintes. Car elle repose sur la liberté de croyance; tel est son fondement depuis 1789, et la liberté de croyance est renversée par votre expédition. Je persiste à penser que, si cette société est ébranlée, c'est un mauvais moyen pour la raffermir, de l'étayer sur le cadavre d'une nationalité amie. {Approbation à gauche.)