‹ OEuvres posthumesChapitre 57 sur 103 · L.V COMTESSE · texte numérisé non relu

L.V COMTESSE

Ah! laiiffiiissante! Parles-tn (l(''(;'i comme t<m liion-aimô M. «le Prévannfis !

MARGUF.RITK.

Mon hieii-aimé ! Cela vous plaît ainsi. Vous vous moquoz iIp moi ; mais vous soupirez, vous êtes in({uiète. Je n'y com|)renfls rien, car vous êtes si belle! et vous êtes jeune, veuve et rirlie, vous aile/ épouser le baron.

LA COMTESSr:.

Ah! Marffuerito, (pie dis-tu!

MARGI EIUTE.

Vous voyez bien que vous soupirez. Il est vrai que M. de Valbrun est quelquefois de bien mauvaise bumeui-; c'est un caractère sinfjulier. Est-ce t(ue vous avez à vous plaindre de lui?

LA COMTESSE

Je n'ai fpi'à répondre à tes rpiestions, Ouellc ifrave confidente j'aurais là !

MARGUERITE

Grave, non ; mais discrète au moins. Vous croyez, parce que je ne suis pas... I»ien vieille... (ju'on ne saurait rien me confier. Moi, si j'avais le moindre chagrin... mais je n'en ai pas...

Grâce à Dieu !

M ARGrEISlTE.

Je vous le raconterais toni de snilc, comme à

L'ANE ET LE UriSSEAT. 117

une amie... je veux dire... comme à une sœur qui aurait remplacé ma mère, car c'est, bien ce que vous avez fait ; vous êtes mon seul guide en ce monde, mon seul appui, ma protectrice; vous avez recueilli l'orpheline; mon tuteur vous laisse faire tout ce que vous voulez (il a bien raison, le pauvre bomme!). Mais je ne .suis ni ingrate, ni sotte, ni bavarde, et, si vous avez de la peine, il est injuste de ne pas me le dire.

LA COMTESSE

Tu n'es certainement ni sotte, ni ingrate; |>our l)avarde...

MAIiGUERITE.

( )b ! ma chère cousine !

LA COMTESSE

Oh! ma chère cousine! Quelquefois... par hasard... dans ce moment-ci, par exemple, vous avez, mademoiselle, ne vous en déplaise, un peu beaucoup de curiosité. Et pourquoi? Cela se devine. M. de Prévannes doit vous épouser... ne rougissez pas, c'est chose convenue; pour ce qui est de ma protection, avec votre petite mine et votre petite fortune, vous vous en passeriez très-bien: mais mon mariage doit précéder le vôtre, c'était du moins ce qu'on avait dit... je ne sais trop pour tpielle raison... car je suis libre... je puis disposer de moi... connne je l'entends... rien n'est décidé... tout \)e\\{ être rom|)u d'un jour à l'autre... je ne sais trn|i moi-même... non, on vérité, je ne saurais dire... et voilà d'où viennent vos questions.

118 (ElIVRES POSTHUMES.

MAlîGlEItlTE.

Non, madame, non; pour cela, jo ne suis pas ))ressée do me marier, mais pas du tout, 'et ce jeune homme...

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