I.A COMTRSSF
Vous ôtes hiou cruol.
P('Ul-(Hro encore, mais je voudrais en linir. (letfe maison est celle de l'indécision; voilà trois mois que cela dure. Vous aimez Valbrun: il vous adore; Marffiierite veut bien de moi, je ne demande qu'elle au monde : il faut en finir aujourd'hui, oui, madame, oui, aujourd'hui même... Et, quand il y aurait dans tout ceci un peu de fatuité, un peu de gaieté, un peu de rouerie, si vous le voulez, eh, mon Dieu ! passez-moi cela... Songez donc que je vais me marier, c'est la dernière fois de ma vie qu'il m'est permis de rire encore, c'est ma dernière folie de jeune homme... Allons, madame, je suis à vos ordres.
LA COMTESSE
Avant tout, vous êtes bien hardi! F.li hion ! il faut que vous m'écriviez un billet.
PRÉVANN ES.
\ n billet ! c'est compromettant. Mais si vous voulez le rendre jaloux, il vaut mieux cpie ce soit vous qui m'écriviez.
\.\ COMTESSE
Et que voulez-vous que je vous dise ?
PRÉVAISNES.
Mais... que vous me trouvez charmant... déli-
cieux... plein i\o modpslie... e( f|iie iiips (jualité solides...
LA COMTESSE
Ne plaisantez pas, écrivez.
p r. É V A > "^ E s . Je le venx bien ; mais je ne changerai rien à c ' rpie je vais écrire, je vons en avertis.
Il riril.
LA COMTESSE, le reiranlanl ('orirc.
Ah ! fpi'esl-ce que vous écrivez-ln.
Pr. ÉVAMNE s.
Laissez-moi achever.
Il se lève.
Tenez, voilà tout ce que je peux faiiM» pour vous.
r, A COMTESSE.
^ ovuiis.
Elle lit.
« Si je veux vous en croire, madame, vous m ai- « mez ; mais est-ce assez de le dire? Aous êtes a sfirc (!c mon coMir ; (nie rien ne relarde phis c( mou i)onhcnr , acceptez ma main, je vous en (( >upplie 1 » \']n vérité. Prévannes, vous |)laisantc/ toujours. (Jlk'I usaû'^e voidez-vous (pic je fasse de ce Iiillel-hî7 11 est inconvenant.
(lomment, inconvenant ?
LA COMTESSE
Mais assurément : « Si je veux vous en croire. ..» fl'esl d'une fahiiié 1
I5'i (i.rviiF.s po^TiirMi.'-;
PIIÉVAN.NKS.
Kli ! madame, pour une fois par hasard f(iu» y puis être fat près de vous impunément, laissez-moi donc en profiter!
LA rOMTRSSE, re!rarfl:inl :i la femMrc
J'entends une voitm'e. C'est votre ami <|ni revi Mit.
rni';vAKNES.
Mettez ce billet sur cette table, ici. avec d'autres chiffons. Ce sera un papier oublié.
LA COMTESSE
Mais on n'oublie guère ceux-là.
PI! ÉV ANNE s.
J'admire en tout votre prudence: mais qu'il trouve ce papier, cela suffit. Est-ce que la jalousi»raisonne? Le voici qui vient. Dites-lui deux mots, si vous voulez, puis retirez-vous, s'il vous plaît. Il faut que vous soyez fàcbce. Fuvez, madame, disparais.sez, évanouissez-vous comme une ombre-!... comme une fée!... je vous le réj)ète, il n'v a rien de tel |)our faire da • ner un honnête homme.