BON MOT DU MARECHAL DE GRAMMONT
ertain fripon, nommé Monroy, qui, sous la large barbe de Saint-Lazare et les grimaces d'un extérieur composé, avoit caché pendant quinze ans une vie fort licencieuse, ayant mangé avec des femmes cent mille francs de patrimoine et pour le moins autant de bien de plusieurs dupes qui avoieut donné dans le panneau de sa fausse dévotion; il fut à la fin obligé de se sauver par une nuit, après avoir affronté le plus de gens qu'il put, et de faire banqueroute là ses créanciers. Gomme cette affaire faisoit grand bruit à la ville et à la cour, on en parloit un jomdans une, assemblée où étoit le comte de Ghoiseul, qui écoutoit tout cela fort froidement. Une personne de la compagnie lui dit : — Mais , monsieur, vous ne dites mot; est-ce que vous n'êtes pas étonné d'un semblable tour ? — Je vous ferai à cela, ditril , la même repartie que
Bons Mots.
j'ai oui faire au feu maréchal de Gramniont. Un jour, on lui disoit : Mais, monseigneur, n'étes-vous point surpris d'une telle femme qui faisoit la dévote, et que l'on a découvert qui couchoit avec son palefrenier? — Non plus, répondit-ilj que de voir un prunier qui porte des prunes.