‹ Œuvres posthumesChapitre 28 sur 86 · LES CONTES NORMANDS ET HISTORIETTES BAGUENAUDIÈRES · texte numérisé non relu

LES CONTES NORMANDS ET HISTORIETTES BAGUENAUDIÈRES

PAR JEAN DE FALAISE (l)

Les amateurs curieux de la vraie littérature liront ces deux modestes petits volumes avec le plus vif intérêt. L'auteur est un de ces hommes, trop rares aujourd'hui, qui se sont de bonne heure familiarisés avec toutes les ruses du style. — Les locutions particulières dont le premier de ces volumes abonde, ces phrases bizarres, souvent patoisées de façons de dire hardies et pittoresques, sont une grâce nouvelle et un peu hasardée, mais dont l'auteur a usé avec une merveilleuse habileté.

Ce qui fait le mérite particulier des Contes nor^ mands, c'est une naïveté d'impressions toute fraîche, un amour sincère de la nature et un épicuréîsme d'honnête homme. Pendant que tous les auteurs s'attachent aujourd'hui à se faire un tem-

(i) Mardi, 4 novembre i845« sans signatare... Jean de Falaise, pseudonyme du M" de Chenneyières .

l64 ŒUVRES POSTHUMES

pérament et une âme d'empruut, Jean de Falaise a donné la sienne pour de bon, et il a fait tout doucement un ouvrage originaL

Doué d'une excentricité aussi bénigne et aussi amusante, Tauteur a tort de dépenser tant de peine à pasticher des lettres de M^^ Scudéry. En revanche, M. de Balzac contient peu de tableaux de mœurs aussi vivants que : Un souvenir de jeunesse d'un Juré du Calvados^ et Hoffmann pourrait, sans honte, revendiquer le Diable aux Iles. — Et tout ceci n'est pas trop dire. Oyez et jugez.

Page 1