SA HAINE CONTRE CHATEAUBRIAND
C'est bien la jugeote d'un pédagogue, incapable d'apprécier le grand gentilhomme des décadences, qui veut retourner à la vie sauvage.
A propos des débuts de Chateaubriand au régiment, il lui reproche son goût de la parure. Il lui reproche l'inceste comme source du génie. Ehl que m'importe à moi la source, si je jouis du génie I
11 lui reproche plus tard la mort de sa sœur Lucile. Il lui reproche partout son manque de sen-
sibilité. Un Chateaubriand n'a pas la même forme de sensibilité qu'un Villemain» Quelle peut être la sensibilité du Secrétaire perpétuel?
(Retrouver la fameuse apostrophe à propos de la mort de M"»« de Beauraont) (i).
Le sédentaire maître d'école trouve sing^ulier que le voyageur se soit habillé en sauvage et en coureur des bois. Il lui reproche son duel de célébrité avec Napoléon. Eh bien! n'était-ce pas là aussi une des passions de Baltac? Napoléon est un substantif qui signifie domination, et, règne pour règne, quelques-uns peuvent préférer celui de Chateaubriand à celui de Napoléon.
(Revoir le passage -sur le rajeunissement littéraire. Grande digression à effet, qui ne contient rien de neuf et ne se rattache à rien de ce qui précède ni à rien de ce qui suit.
Comme échantillon de détestable narration, véritable amphigouri, revoir la Mort du duc de Berry.
Revoir la fameuse citation relative à la cuistrerie, qui lui inspire tant d'humeur.)
(i) Les « Gitaiion» » ne reproduisent pas le passag^e. — Chateaubriand, repassant par Rome (juelques mois après la mort de M"ae<ie Beaumont, écrivait à son ami Louis de Fontanes la belle lettre que l'on sait ; cédant è ia séduction des ruines, si puissante sur son esprit, enivré par celte poésie de la tombe qu'il sentit et traduisit mieux qu'aucun» il s'élevait an-dessus de Sà propre douleur pour s'écrier impersonnellement : « Avec quel charme ne passera-t-ii pas (l'étranger] du tombeau de Gécilia Métella au cercueil d'une femme infortunée 1 »
Et voici l'apostrophe — la « fameuse «postro^phe » dont Villemain flétrissait René : « Mais pour nous^ hommes vulgaires, chez qui rhnagrnation ne domine pas le ocBnr et la pensée, ni M ètetta, oâ Cornélia, ni toutes les ombres romaines ncsauraicnt nous faire trouver, je ne dis pas un charme, mais une consolation sur la pierre sèpolorale ^e notre wnie récemoBaettt pleurée. »