CITATIONS
A propos de Lucain.
Son génie, qu'une mort funeste devait arrêter si vite,
n*eut qae le temps de montrer de la grandeur^ sans naturel et sans vérité : car le goût de la simplicité appartient rarement à la jeunesse, et, dans les arts, le naturel est presque toujours le fruit de Tétude et de la maturité.
Plusieurs conjurés furent arrêtés et mis à la torture: ils révélèrent leurs complices. Seule, la courtisane Epicharis fut invincible à la douleur, montrant ce que, dans la faiblesse de son sexe et dans la honte de sa vie, un sentiment généreux, Thorreur du crime, pouvait donner de force et de dignité morale.
Le titre de sa gloire, Tessai et tout ensemble le trophée de son génie, c'est la Pharsale^ ouvrage que des beautés supérieures ont protégé contre d'énormes défauts. Stace, qui, nous Tavons dit, a célébré la muse jeune et brillante de Lucain et sa mort prématurée, n'hésite poiat à placer la Pharsale au-dessus des Métamorphoses ^ d'Ovide, et preiRque à côté de Virgile. Quintilien, juge plus éclairé, reconnaît dans Lucain un génie hardi, élevé, et l'admet au rang des orateurs plutôt que des poètes: distinction que lui inspiraient le nombre et Tèclat des discours semés dans le récit de Lucain, et où sont exagérés trop souvent les défauts mêmes attachés à sa manière...
Les écrivains français Font jugé diversement. Corneille Ta aimé jusqu'à l'enthousiasme. Boileau l'approuvait peu et lui imputait à la fois ses propres défauts et ceux de Brébeuf, son emphatique interprète.
En dépit des hyperboles et des raisonnements de Marmontel, la Pharsale ne «aurait être mise au rang des belles productions de la muse épique. Le jugement des siècles est sans appel.
Rapports académiques.
Ce qu'il y a d'amusant (mot bizarre à propos de Villemain) dans les rapports académiques, c'est Tétomiante conforn^ité du st^le bayeux, lo^l-
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lîflu, avec les noms des concurrents récompensés et le choix des sujets. On y trouve P Algérie ou la civilisation conquérante^ la Colonie de Mettray^ la découverte de la vapeur^ sujets lyriques proposés par l'Académie et d'une nature essentiellement excitante.
On y trouve, aussi des phrases de cette nature : « Ce livre est une bonne œuvre pour les âmes, » à propos d'un roman composé par un ministre protestant. Pouah 1
On rencontre, parmi les couronnés, le nom de ce pauvre M. Caro, qui ne prendra jamais, je l'espère, pour épigraphe de ses compositions académiques ce mot de saint Jean : « Et verbum caro factum est », car lui et le verbe me semblent passablement brouillés.
On se heurte à des phrases comme celle-ci, qui représente bien une des maladies de M, Villemain, laquelle consiste à accoupler des mots qui jurent; quand il ne fait pas de pléonasmes, il commet des désaccords : i< Cette profusion de gloire (celle de l'industrie et des arts) n'est jamais applicable dans le domaine sévère et difficile des lettres. »