‹ Œuvres posthumesChapitre 79 sur 86 · AUX PRETRES · texte numérisé non relu

AUX PRETRES

Au dernier siècle, la royauté et l'Eglise dormaient fraternellement dans la même fange, quand

BAUDELAIRE JOURNALISTE 3r3

la révolution fondit sur elles et les mit en lambeaux.

— Inconvénient des mauvaises compagnies, se dit l'Eglise; on ne m'y reprendra plus.

L'Eglise a eu raison. Les rois, quoi qu'ils fassent, sont toujours rois, et le meilleur ne vaut pas mieux que ses ministres.

Prêtres, n'hésitez pas : jetez-vous hardiment dans les bras du peuple. Vous vous régénérerez à son contact; il vous respecte; il vous aimera. Jésus-Christ, votre maître, est aussi le nôtre ; il était avec nous aux barricades, et c'est par lui, par lui seul, que nous avons vaincu. Jésus-Christ est le fondateur de toutes les républiques modernes; quiconque en doute n'a pas lu l'Evangile. Prêtres, ralliez-vous hardiment à nous; AfFre et Lacordaire vous en ont donné l'exemple. Nous avons le même Dieu : pourquoi deux autels ?

Page 1