‹ Œuvres posthumes complètes le Koran Sterne inéditChapitre 37 sur 173 · PARTIE I · texte numérisé non relu

PARTIE I

païens, n’aient- connu ni Y Inquisition, ni les Autoda-fé, ni les Groi-sades : —

Que pendant les siècles d’ignorance et de barbarie, alors que le Diable, comme les prêtres nous d’assurent, gouvernait l’Église , rendait des oracles, ordonnait des impuretés et exigeait des sacrifices humains, les frères ne se soient pas armés contre les frères, les nations contre les nations, en fureur civile , ou en guerre pieuse; —

Mais qu’aussilôt qu’il eut plu a Dieu, par une intervention miraculeuse, de prendre l’Église en ses propres mains, ait commencé une ère si horrible et si impie, — que la parole de paix fit sortir l’épée du fourreau et que les préceptes d’amour et de concorde produisirent la désunion et la haine.

Le prêtre chrétien, — dites anti- chrétien, — m’apprend que la raison de cette différence remarquable git en ceci, que les païens ne possédaient pas un symbole de foi qui valut la peine de se quereller, — attendu qu’ils croyaient généralement que l’âme périt avec le corps, — Post mortem nihil est. tel était leur Credo, — et qu'en outre le petit nombre des philosophes qui admettaient une postexistence niaient en même temps Y enfer. — Nou est. unus , dit Cicéron, tam excors , qui credat.

C'est ainsi, ajoute le bon catholique, que tant qu’on a supposé, par ignorance, que l’existence humaine tout entière était comprise dans le cycle de

LK KORAN

Ta vie mortelle, la paix, l’amitié et la bienveillance ont très-certainement paru préférables a la guerre, a la haine et a la persécution.

Mais, quand l'âme immortelle eut été confiée a la garde du Vicaire du Christ sur la terre , — ils eussent été complètement indignes de s’appeler les prêtres de V Agneau, et les oracles de la Colombe, les saints qui n’auraient pas précipité dans les flammes le corps d’un hérétique (1) !

Je ne puis m'empêcher de hier l’orthodoxie de ce • véritable dogme catholique; et je me sens plus disposé à m’entendre avec Cicéron, bien qu’il fût plongé dans les ténèbres, sur le passage que j'ai cité de lui. — Car croire à une âme et la damner me parait, non pas une lumière , — mais un éclair.

M) I.c texte papiste qui ordonne la grillade est tiré de ce passage de l'Kcriturc où il est dit : « Uoruincm liærctn iiiii devita; » — seulement, ü s 0| ù interprété ce dernier mot par de vitâioUere. [Xole.de Sterne )

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