‹ Œuvres posthumes complètes le Koran Sterne inéditChapitre 89 sur 173 · PARTIE II · texte numérisé non relu

PARTIE II

N’est pas le moins du monde ouirée si on la compare aux charmantes absurdités de nos poètes lyriques cl faiseurs de sonnets.

Je parcourais ce matin le carton de musique de ma tille, et j’y ai trouvé plusieurs romances célèbres, chantées avec les plus grands applaudissements au Ranelagh et au Wauxhall, et composées depuis l’apparition dans le monde de cette ode salutaire. — Aussi leurs auteurs, n’ayant pas la crainte de Swift devant les yeux, — et au mépris le plus complet de notre souverain seigneur le poète lauréat, — y ont-ils commis volontairement d’horribles meurtres de ce genre, savoir :

Un amant, bravant toutes les lois, commence ainsi : »

« Avez-vous vu le soleil, quand il a disparu derrière les montagnes? Alors vous avez vu ma belle Moll y, etc. »

Ce qui peut se traduire textuellement par : — « S’il vous est jamais arrivé de voir le soleil, quand il est invisible, alors je veux bien admettre que vous ayez pu voir ma belle Molly, qui l’emporte sur le soleil. — hors de la portée de la vue. »

. Un autre poète ensorcelé, trop sublime pour s’arrêter a des absurdités ordinaires, s’élève par la passion jusqu’au crimes — Car, en terminant un vers par cette assertion :

u L’amitié pour une femme est soeur de l’amour. »

1Ü6 LE KOI! AN.

Il commet, — d’un coup, — un inceste poétique. Mais le génie qui m’a charmé et intrigué le plus, c’est l’auteur de la stance-suivante :

« Allons, prends ton verre, me Ail gracieusement la lille du Nord. — Je pris mon verre, et je fus en effet agréablement surpris. »

Ici se présentent deux questions, également intéressantes a résoudre; — savoir, quel verre était-ce? et quelle surprise- ' . -,

A la vérité, le poète nous dévoile dans le vers suivant le secret de sa surprise , — c’est la beauté de la lille. — Nous devons dès lors supposer qu'il la voyait pour la première fois, — puisqu’il s’en montre tellement surpris. — Mais pourquoi n’en est-il pas surpris avant d’avoir pris son vene tout aussi bien qu'après? — €eci nous ramène à la solution du premier problème, quelle sorte de verre était-ce?

Les commentateurs diffèrent entièrement sur ce point: — Les uns affirment que c’était un verre grossissant, — qui avait augmenté d’une manière surprenante les dimensions des charmes de la fille, lesquels n’avaient rien de remarquable il l’œil nu.

D’après une autre opinion, vers laquelle j'incline, je l'avoue, comme étant jihis orthodoxe, ce devait être un verre à vin. — La fille du Nord, tant soit peu glacée, aurait défié notre poète à boire un coup avec elle, — et l’aurait plongé dans une sorte de vue écossaise, — ou seconde vue. — En d’autres termes,

elle l'aurait fait boire jusqu’au point où les hommes, dit-on, voient double. — Le verre serait devenu ainsi un verre multipliant , — qui aurait augmenté le nom bre de ses charmes à un degré si agréablement surprenant , que l’amant en serait resté extasié.

Ce qui, a mon avis, rend cette dernière interprétation plus naturelle que l’autre, c’est que la philosophie a Observé qu’à mesure que les hommes s’échauffent parle vin, leur penchant pour l’acte de la

multiplication augmente en proportion.

32. — Zed a mené une espèce de vie en zig-zag. 11 a atteint son but par des voies indirectes, comme un bâtiment, quand le vent est contraire, poursuit sa route en courant des bordées.

. . . Variutn et mutabile seraper Fcniina.

VlMILI.

On assure que ces épithètes sont synonymes. — Je né le pense pas. — La première s’applique au caractère, la seconde aux affections .

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