ÉLÉGIE XXIV
Il n’est que d’être roi pour être heureux au monde. Bénis soient tes décrets, ô Sagesse profonde!
Qui me voulus heureux, et, prodigue envers moi. M’as fait dans mon asile et mon maître et mon roi ! Mon Louvre est sous le toit : sur ma tête il s’abaisse ; De ses premiers regards l’Orient le caresse.
Lit, sièges, table, y sont, portant de toutes parts Livres, dessins, crayons, confusément épars.
Là, je dors, chante, lis, pleure, étudie et pense;
Là, dans un calme pur, je médite en silence Ce qu’un jour je veux être; et, seul à m’applaudir. Je sème la moisson que je veux recueillir.
Là , je reviens toujours , et toujours les mains pleines , Amasser le butin de mes courses lointaines :
Soit qu’en un livre antique à loisir engagé ,
Dans ses doctes feuillets j’aie au loin voyagé ;
Soit plutôt que, passant et vallons et rivières.
J’aie au loin parcouru les terres étrangères.
D’un vaste champ de fleurs je tire un peu de miel ; Tout m’enrichit et tout m’appelle; et, chaque ciel M’offrant quelque dépouille utile et précieuse.
Je remplis lentement ma ruche industrieuse.
ELEGIES