‹ OEuvres posthumes de Madame la Baronne de Staël-Holstein. Précédées d'une notice sur son caractère et ses écritsChapitre 183 sur 312 · GENEVIEVE DE BRADANT, ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

GENEVIEVE DE BRADANT, ACTE I, SCENE I

sonne, je tremble; c'en est fait. {Elle s^évanoidt.) {Une musique céleste se fait entendre.)

AGAE.

Ah ! quels sons enchanteurs ! Suis-je déjà passée dans une autre vie? est-ce ici le paradis? Non, je n'y vois point mon fils.

{La musique continue ; un ange apparaît derrière un nuage.)

l'ange.

Agar , Agar !

AGAB

Quels accents ! quelle voix !

l'ange.

Agar, pourquoi t'affliges-tu ? l'Éternel a entendu les pleurs de ton enfant.

AGAB

Mon enfant est-il déjà dans le ciel? Est-ce lui qui m'appelle? a-t-il redemandé sa mère, et le Tout-Puissant me fait-il ouvrir, à cause de lui, les parvis célestes?

l'ange.

{Il frappe un rocher de la palme qu'il tient à la main, et en fait jaillir une source.)

Agar! regarde.

AGAB

De l'eau , de l'eau ! et mon fils n'en aurait pas ; non , je n'en veux point. Non , j'aime mieux mourir ! l'ange.

Agar, les bienfaits de l'Éternel sont sans bornes ; il fait naître la source dans les déserts , comme l'espérance au fond des cœurs flétris par l'infortune. Remplis ta coupe, Agar, et va la porter à ton fils.

AGAB

Dieu, serait-il possible?

l'ange.

Ismaël , Ismaël ! le Tout-Puissant te rappelle à la vie.

ISMAËL

Ah, ma mère!

AGAB

Ah , mon enfant !

ISMAEL

Quel bien tu me fais ! sans toi j'allais mourir, et je ne t'aurais plus revue.

AGAB

Mon enfant, ce n'est pas moi, c'est l'envoyé du ciel qui a fait jaillir cette source du rocher : c'est lui qui a ranimé ta vie défaillante. Ah ! divin messager! pardonne ; j'ai d'abord serré mon fils contre mon cœur; j'ai joui de tes bienfaits avant de t'en remercier. {Elle se met à genoux avec son enfant.)

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