‹ OEuvres posthumes de Madame la Baronne de Staël-Holstein. Précédées d'une notice sur son caractère et ses écritsChapitre 229 sur 312 · NÉRINE, ROSALBA, DERVAL, SABORD · texte numérisé non relu

NÉRINE, ROSALBA, DERVAL, SABORD

ROSALBA

Sabord.

SABORD

Qu'avez -vous donc, mademoiselle? vous avez l'air toute sérieuse. Moi qui vous ai vue pas plus haute que cela, je ne puis tenir à votre chagrin. Sabord ne peut-il pas vous consoler? dites, ma chère petite maîtresse, j'irais au bout du monde pour vous, par terre ou par mer, n'importe.

ROSALBA

Ah ! mon Dieu ! Sabord, ce que je désire est bien plus difficile que cela.

SABORD

Comment donc? faut -il découvrir une nouvelle Amérique?

ROSALBA

Non : il faudrait que sept ans se passassent en un jour.

SABORD

Eh! ma chère demoiselle, c'est un drôle de souhait que vous faites là. Savez -vous qu'en trois jours comme cela , vous pourriez bien n'être plus si jolie.

ROSALBA

Mon père ne veut pas permettre que j'épouse M. Derval , avant qu'il ait servi sept ans sur mer ; et tu sais bien que sept ans c'est la vie.

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