‹ OEuvres posthumes de Madame la Baronne de Staël-Holstein. Précédées d'une notice sur son caractère et ses écritsChapitre 287 sur 312 · PHAON ET CLÉONE · texte numérisé non relu

PHAON ET CLÉONE

PHAON

Ah ! Cléone , est-ce vous ?

CLÉO^E

Phaon , avez-vous vu Sapho ?

PHAON

Elle ignore mon arrivée, et j'espère la lui cacher.

CLÉO'E

Et pensez -vous que je puisse me prêter à cette indigne ruse ?

PHAOX.

Je ne veux pas renouveler sa douleur en la voyant.

CLÉOJNE.

C'est votre repos que vous ménagez ; ce n'est pas le sien.

PHAOX.

Je ne puis penser qu'à vous désormais.

CLÉONE

Ne m'offensez pas par vos perfides hommages. Celui qui fut cruel envers Sapho, serait impitoyahie envers Cléone, si cette faible fille l'écoutait.

PHAON

Je t'aime!

CLÉONE

N'aimiez-vous pas Sapho ?

PHAON

Elle étonnait mon esprit; elle enflammait ma pensée.

Qui croit avoir aimé, alors qu'il n'aime plus?

Rappelez-vous vos promesses ; elles seules sont les

fidèles témoins du passé.

( Elle s'éloigne. )

PHAON

Cléone, vous me quittez!

CLÉONE

Pour toujours.

PHAON

Ce rocher peut donner la mort.

CLÉONE

C'est là que Sapho la cherche.

PHAON

C'est là que je la trouverai.

CLÉONE

O ciel! éloignez-vous; Sapho s'avance, appuyée sur ma mère. Dans quel état vous avez réduit une des merveilles du monde! ah! je ne puis la contempler sans vous haïr.

PHAON

Vous me haïssez , Cléone !

111, SCENE lîl.

iOl

CLEONE.

Je le dois. — Le temple de Vénus s'ouvre. Adieu.

PHAON

C'est toi-même que tu vas adorer, sous les traits

de la déesse.

CLÉONE

Toutes les femmes de la Grèce ont reçu de Vénus quelques dons : Apollon n'en a préféré qu'une seule. Adieu , Phaon. Sapho s'approche ; dérobezvous à ses regards. Ah ciel ! je n'ai point encore la force de lui parler.

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