SCENE II
SAPHO , seule.
Oh ! que le sacrifice de soi-même est douloureux ! D'où vient qu'il en coûte tant de renoncer à ce fantôme qu'on a poursuivi, à ce bonheur qui a fui devant nous, comme les feux qui égarent le voyageur dans le désert ? C'en est fait, cette lueur doit s'éteindre, et avec elle toutes les flammes de la vie. Ah! Phaon! Phaon! pourquoi t'ai -je donné mon âme? Ah! je voudrais me posséder moimême : mais les dieux m'ont faite le jouet de l'amour.
SAPHO, ACTE rv, SCENE IV SCENE III.