‹ Œuvres posthumes de Sénecé;Chapitre 26 sur 93 · CAMILLE · texte numérisé non relu

CAMILLE

Dame d'boimeiir de rimpëratrioe HUdegarde ,

k madame' U'dacbâMe. 4'H.,o.

en loi enyojwit 1» nonveUe d-dessna.

éPITRE.

u séjour biminenx de rimjnertalité.

Où depuiff » longtemps' m'ont assigné ma place L'honneur et ta vertu ^ 4eAt ma fidélité , Pendant c[ue je tîtoîs, toujours suirit la trace^ Hors Tous^ jusqu*à présent^ je n'ai vu nu^ ol>jet Qui me touchât le cœur, qui me plût sur toui^ autre; De TOUS oifrir le miea j'ai formé le projet i CeSt à vous de jugée s'il est digne du y6tre. Qif\m pareil compliment ne tous étonne pas; SouTent, quoique fort peu' dans le siècle où nous sommes > Les célestes esprits ont trouvé des appas A marquer leur amour pour les enfants des hommes; Hais pour bien décider si nous nous convenons. Voici, belle duchesse^ en œs lignes sincères*. Un fidèle portrait pour me connoltre à fonds Et si la sympathie unit nos caractères*

Je sors d*un sang de chevaliers,

Où^ remontant pav mes^ deux lignes.

On ne trouve qi;e chsmceliers.

Que ministres^ gep» à eoUiei»^

Et maréchaux en guerre insignes;

I. Cette ^pltre on dédicace prëcédoit osiginairement le eonte Fiter h Parfait amour.

i86 Contes.

Hais de titres ni de breyet^ Je n*entends point tirer ma gloire; Tont ce que nous n'avons point fait N^enrichit gnère notre histoire.

On tient ponr nu cas odieux De chanter ses propres louanges :

Sage maxime en vos bas lieux , Inutile au pays des anges.

Soufi&ez donc, pour plaire à vos yeux.

Que je parle en bien de moi-môme; Le yrai, c'est la langue des dieux.

Et j'écris à dame qui l'aime.

Quand la nature me forma.

De OHicert avec la fortune.

Pour faire une charmante brune, Tout son savoir elle exprima :

Taille au-dessus de la commune , Un air fin, noble et prévenant, Une démarche à Tayenant; Beaux bras, belles mains, belle gorge; Certains yeux qui perçoient à jour Et qu*on eût juré que l'amour ÀYoit afOnés dans la forge ; Surtout de ce je ne sais quoi Qui ravit, sans savoir pourquoi.

Les cœurs dès la première vue , Je fus abondamment pourvue.

Voilà ce qu'elle fit pour moi.

Le ciel, qui vit cette figure Faite d*un modèle accompli.

Par jalousie à la nature

Contes. 187

Voulut donner le paroli.

Oui , dit-il^ la bague est parfaite ,

L'or et Tart^ tout en est charmant;

Mais j'y veux mettre un diamant

Dont la plus petite facette

Y brillera plus noblement.

Il dit, et fit conséquemment :

n me doua d'àme si belle ,

Si grande^ si pleine de feu.

Que de teUes on en voit peu

Sortir de la sphère étemelle.

J'avois l'esprit vif et charmant.

Talents qui ne s'accordent guère.

En me jouant j'avois acquis ^

Une connoissance sublime

Dans le savoir le plus exquis.

Et m'en cachois comme d'un crime.

J'avois un cœur fait pour aimer Tout ce qui m'en paroissoit digne; Mais on ne pouvoit me blâmer Qu'aucun désir passât la ligne Où le devoir doit l'enfermer. Sur mon génie eut tant d'empire L'incorruptible vérité , Que je croyois pouvoir tout dire Quand je Tavois de mon côté; Et, fut-ce louange ou saûre.

Que chacun devoit y souscrire Par un principe d'équité.

Mes amis m'accusoient sans cesse

D'un petit engourdissement

Que ces messieurs nommoient paressé.

iSi COMTBI.

Mais je le prenois antrement ^ Et bien lom d'être une foiblesse,.

Je leur sontenois hantement Que c'étoit un recueillement»

Lorsque mon àme possédée Des dons de la suprême idée.

Les contemploit incessamment^ Et s*estimeroit dégradée De s'en détourner un moment.

Pourtant, dans les besoins soi^euse.

Mes sens n'étoient point endormis; J'oubliois d*être paresseuse S'il falloit serrir mes amis.

Je vous ferois une légende De quaufité d'autres vertus.

Et j'en citerois tant et plus.

Mais la liste en seroit trop grande* Suffit de cet échantillon, A l'ongle on oonnolt le lion.

Examinez, belle duchesse, Si par notre conformité Je pourrois avoir mérité Quelque part à votre tendresse.

Ou par justice ou par bonté Aimez-moi comme je vous aime, Et, m'accordant ce bien suprême ,u Vantez-vous d'avoir ajouté Le comble à ma félicité.

Py^y^i^Lpi^

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