LÈNE
enreux cent fois I heureux cent fois et mille) Les fleayes célébrés par des esprits brillants^ Xanthe! ôSimoIsI qu'Homère étoit habile Qui sut TOUS égaler aux flots les plus bouillants ! Après tant de héros massacrés sur vos rives, Dont le fameux trépas sert à vous élever; Après tant de combats peints de couleurs si vives , La carte qui vous cherche a peine à vous trouver. Si l'aveugle fameux que le vieux temps nous prône De sa lyre à ma musé inspiroit les accords.
Que ton nom seroit beau, délicieuse Saône,
Qui m*as vu naître sur tes bords !
Je saurois publier, d'une voix éclatante. De César, de Louis , les glorieux exploits.
Pendant que le Romain, sur la rive sanglante, Aux Suisses subjugués imposeroit des lois, ]\Ion roi, cent fois plus grand, à TEspagne impuissantcC, Gomme un trait enflammé que le nuage enfante,
Viendroit arracher les Comtois.
Mais de ces grands projets mes vers ne sont point dignes^ Il &ut me retrancher à célébrer tes vignes.
Digne sujet de mes écrits, Mères d'une liqueur qu'aucune autre n'égale , < Quoique depuis un temps chez des juges surpris
La Champagne obtienne le prix ,
Moins par bon goût que par cabale.)
Pendant que le vin grec fut par son ascendant. Et le meilleur du monde et le plus abondant.
DES Dieux. tx5
Les^ Satyres cornus, altérés à toute heure «
Dans la Grèce avec Pan fixèrent leur demeure.
Là, par leurs fiers assauts, le tonneau tarissoit;
Des vers d'Anacréon Técho retentissoit,
Et la troupe attentive à vider un grand verre
Laissoit à Jupiter gouverner son tonnerre.
En vain le sort fertile en révolutions
Soumettoit ces climats à trente nations.
Uéraclide ou Romain, de Flandre ou de Venise,
Adorant dans les bois ou priant dans l'église ,
Vivant sans sacrifice , immolant l'animal ,
Pourvu qu'on fût buveur, tout leur étoit égal.
Mais, 6 ciel! qui Teùt cru? Des Palus Méotides
Sortirent à la fin certains peuples perfides
Remplis de mille erreurs sur le culte divin,
Et mortels ennemis (ô blasphème!) du vin.
La Grèce à ses revers n'ayant point de parade.
Invoque Thémistocle, évoque Alcibiade,
Et regrette ces morts belliqueux et savants
Qu'elle persécuta tant qu'ils fm'ent vivants.
Mais sous leurs grands tombeaux on voit la terre ouverte
Vomir cent furieux qui respirent sa perte ,
Et de mânes vengeurs un noir arrière-ban
S'armer pour le détruire et prendre le turban.
Après mille combats , leur barbare insolence
Sous ces murs écrasés ensevelit Byzance,
Fait périr par le fer le dernier Constantin,
Et, pour outrer l'horreur de ce cruel destin^
On voit en peu de temps les campagnes jonchées
De cadavres sacrés des vignes arrachées.
A ce spectacle affreux tout l'Olympe s*émeut,
Et le héros des dieux cria : Sauve qui peut!
Rien n^ivoit égalé cette frayeur mortelle;
La terreur des géaats ne fat ^pie bagatelle.
31^ DiAi4a]GUKft
Minerve sans li^iaoe lu; se caoha.daiis un trou,
Bessarioa sauva Iqs. muaos à son cou,
Et Mairrutifi» avee lui., de leur douce falie
Vint encore une fois entêter Tltalie*
Mais rintrépide Paa, rassesiblaiit ses sujet».: .
Amis^ dit-il, fvjon&ces funestes objets»
Je sais d'autres climats^ (pe Jupiter protégp»,
Exempts de voir jamais un pareil sacrilège :
Au pays que la Sa6ne arrose de son cours j»
La vineuse Mâcosn^ suus ses antiques tourâ.
Fleurit dans le rej^os et goûte l'aboadauee
Des champs les plus heureux que cultive la Jrau£ew
Un mont près de ses murs uc^lenxent élevé ,.
Jouit en s'allongeaut d'un, spectacle achevé;
Quand on grknpe au. plus haut de ces roches insigaesv
Quelque parli qulou se tourne ou ne veiique daS' vignes^
Où le rouge et lehlauCy après mille cofuhats,..
Vainquent mille autces vins et ne se vainquent pas»
Bacchus souftcet ahn nou3 invite à nous readte;,
Nous n'y craiadi<pns plu& rien, si ce n'est d'eatrop prendre.
La brigade à ces mots r^eud sea sens troublés ; .
Tous demandent MâcoB par cent cris redoublés ^
Et par sauts. et par bonds,, dans peu la troupe agile ^
Conduite par sou chef ^ attrape cet amie.
Souvent de^^uis ce iemps on les trouve chargés
De grappes de rebut, de raisins négligés ,
Et le fond de leur aAtre en distille sans cefiset
Des vins plus estimée. que les meilleurs^de G»rè«e«,
Quandilft scffit échauffés de ce jus prédeux, .
Leurs chants, jaaal concertés^ font retentir cefr^Ueux...
Les bergers» étouués de leur musique énengae^
Ont nommé soi ut( ré le recher qui. la; forma' ^