LA LEÇON DE MUSIQUE
our profi^r dans la musique, Et bien conduire votre voix..
Belle, que votre esprit s'applique A toujptDrs observer ces lois.
Il faut bien payer votre maître.
Glimeine, il n'e^t rien d'assez doux Par où Ton puisse reconnoltre Tous les soins qu'il prendra pour vous.
Son âme n'est point mercenaire, Il n'oblige point à moitié; Mais seulement pour son salaire Il demande votre amitié.
Dedans toute la symphonie On ne rencontra jamais rien D'une si charmante liarmonle Que deux cœurs qui s'entendent bien.
lia s'écoutent, ils se répondent, lia font mille divers accords; Ils se mêlent, ils se confondent Et UQ font plus qu'un même corps.
Belle ôcolière que j'admire, Unissez votre coBur au mien.
Écoutez ce qu'il voudra dire Et répondez-y toujours bien.
3oo PlàciS DiVBASBS.
Le sonpir est de la ma8ic[ae, Et TOUS devez considérer Qu'une personne <pii s'en piqua Doit savoir anssi soupirer.
Je sais soupirer à la mode, Qimeine, et sans trop me vanter.
Pour en apprendre la méthode. Vous n'aurez rien qu'à m'écouter.
Chantez fort souvent par nature, Si mon conseil vous semble bon; Pour moi, la belle, je vous jure Que j'en aime beaucoup le ton.
Quand vous sentirez quelque chose De favorable à ma langueur.
Alors servez-vous de la pause Pour y confirmer votre cœur.
Si quelque penser moins propice Occupoit votre entendement, La fugue fera son office Pour le chasser dans un moment.
Un jour si vous veniez, Glimeine, Jusqu'à la composition.
Gardez-vous de payer ma peine D'une fausse relation.
Mais plutôt, afin qu'il me vienne Quelque petit fruit de mes soins.
Que votre partie et la mienne S'accordent par degrés conjoints.
PiÈGBS Diverses. Sot
Les faux accords sont fort à craindre ; Il n'en faut point faire avec moi.
Et j'anrois sujet de me plaindre Si TOUS manquiez à cette loi.
Je n'aime point du tout la quinte; Je ne sais ce qu'elle m'a fait.
Mais, pour vous en parier sans feinte.
Je l'estime accord imparfait.
Elle gàteroit le mistère Quand elle Viendroit s'en mêler.
Il faut que pour me satisfaire Je n'en entende point parler.
Si vous désirer de comprendre.
Quand je vous donnerai leçon , Glimeine , pour beaucoup apprendre Soyons toujours en unisson.
Je vous chanterai votre gamme Si vous négligez ces avis , Et vous en aurez tout le l)lâme S'ils ne sont par vous bien suivis.
Si vous les suivez, mon estime Pour vous jamais ne finira; Et, plus longue qu'une maxime.
Éternellement durera.
Si vous ne me jugez pas digne De faire avec vous quelque accord , Vous me ferez chanter en cygne , Qui ne chante bien qu'à sa mort«
So) PiicKS Diverses.
GÀLIXTE.
Fftbie k mettre en mnainiie.
alixte^ dans im boi»
A la chasse égttrée^
N*entendaat plus k soa du eorm de la Toix « De Diane étoit séparée.
Après qaelqnes cris vains dans les airs pfoéif^éis. Cherchant à i»«ndre haleine^ An bord d'une vire fontaioe Elle étendit ses membres fatigoés:
Le maître de la fondre, Qui la gnettolt dons ce bois écarté^ Fondant snr cette proie avec ayidité, Se mit en devoir de Tabsondre De son vœn de virginité.
Malgré ses cris, malgré sa résistance^ . Ce bmsqne procédé la mit hors de défense; Amer on doox^ il fallnt l'avaler.
Une pncelle tendre et blonde^ Par qnels efforts ponrroit-elle égaler Ces bras puissants capables d'ébranler La base immobile da monde ?
Le silence profond de ces sombres campagnes Ponvoit la consoler nn pen :
Affront caché porte son désaven.
Combien Calizte a-t-eUe de. compagnes.
Qui tiennent bonne mine avec plua.mauvals ]en? . Mais de son ravis^enr la nature féconde- Fut ce qui mit le comble à son cmsaAt. souci. . Il n'étoit pas content d'être le dien dn monde.
Pièces Diverses. 3o3
. . Il en vonloit être le père aussi.
Fécondité craelle Qui viens sans qu'on t'appelle ^ Combien de vilains tours Fait ta rage mortelle Aux timides amours !
Fécondité damnée^ Que n'étôis-tu bornée Pour le commun bonheur !
Faut-il que tu sois née Pour égorger l'honneur !
Que n'étois-tu bornée Au tranquille hymenée!
A peu de mois du Jour infortuné, ^ GaHxte à la mélancolie Vit son triste cœur condamné !
Ck)mment pouvoir cacher son sort empoisonné.
Point de vertugadin^ point de corps baleiné; L'usage en étoit rare à la cour de Délie.
Certains esprits méfiants et jaloux (La cour^ et cour de femme encore^ en manque-t-elle?) Auprès de la déesse accusèrent la belle y Et contre Tinnocente armèrent son courroux.
D'une simarre fort ample On la fait dépouiller par force un jour de bain; Et^ lui mettant le ventre aussi nu qae la main, Du fils de Jupiter on découvre le temple.
Calixte de douleur En perd force et couleur; Diane de colère Redouble sa couleur et sa force ordinaire Et repoussant avec un de ses traits La suppliante qui tremble:
a Va, brutale, dit-elle^ unis-toi désormais
3of PlÈCBS DlTBKSBS.
■ A l'espèce qui te ressemble. »
A ces mots foudrorants va prodige nonreau
Consterne tonte l'afEîstance; Son Tisage se ride et s'allonge en mnseani Le p(Hl ( jennes beautés, je frémis quand j'y pense) , Cn p(Hl bidenx lui perce et lui couvre la peau.
Calixte, en un mot, devient ourse,
Qnii dans ses fiers ressentiments, Acctisant Jupiter pu d'aïrenx hurlements.
Se perd dans la foiM qu'elle gagne à la course.
Si Kane anjotud'hoi montroit pareille udeer.
Pour venger les injotes
Qu'on Tait i sa pudeur, ciel ! quel grand marché nous aurions de fourrures I
PièOBs DivfiàSfedé